France-Le gouvernement pressé de couper plus dans ses dépenses

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* "C'est l'heure du sursaut ou du déclin", dit Noyer * La BdF demande de couper "hardiment" dans les dépenses * Des gisements d'économies identifiés par la Cour des comptes (Actualisé avec contexte, déclarations) PARIS, 11 septembre (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France a pressé jeudi le gouvernement de couper davantage dans les dépenses publiques après l'annonce d'un sérieux dérapage du déficit, ce qu'il refuse pour l'instant d'envisager même si la faiblesse de l'inflation menace son plan d'économies. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a annoncé mercredi que le déficit public augmenterait cette année à 4,4% du PIB contre 4,1% en 2013, après quatre ans de baisse. Il reculerait à peine l'an prochain, à 4,3%, et ne reviendrait pas sous la limite européenne de 3% d'ici l'élection présidentielle de 2017, au lieu de 2015, en violation des engagements pris auprès des partenaires européens de la France. "C'est l'heure du sursaut ou du déclin", a déclaré jeudi Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, sur Europe 1. "Il faut couper hardiment dans les dépenses, on y va beaucoup trop timidement." Le gouvernement s'est fixé pour but un effort de 50 milliards d'euros sur les dépenses publiques sur la période 2015-2017, soit l'équivalent de 4% du total de celles-ci. Mais ces économies sont en partie théoriques car mesurées par rapport à une hausse "tendancielle" des dépenses calculée par Bercy sur la base d'un rythme d'inflation beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui. La Cour des comptes a estimé ainsi en juin que ces 50 milliards d'euros d'économies signifiaient que les dépenses de l'Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale augmenteraient de 62 milliards d'euros sur 2015-2017 au lieu de 112 milliards. LES CRÉATIONS DE POSTES CONFIRMÉES Le plus gros effort est prévu pour 2015, avec 21 milliards d'euros, un montant confirmé mercredi par Michel Sapin qui avait laissé entendre le contraire la semaine passée en invoquant l'impact de la faiblesse de l'inflation. Cela signifie que, en plus de ce qui est déjà programmé, le gouvernement devra trouver encore deux milliards d'euros d'économies pour boucler ses projets de budget de l'Etat et de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015. Pour Christian Noyer, il faut aller plus loin, les économies réalisables sans pénaliser la croissance étant nombreuses. "Il y a des gisements d'économies très importants", a-t-il déclaré jeudi, évoquant les multiples rapports de la Cour des comptes qui proposent des milliards d'euros d'économies dans tous les domaines. Dans son dernier rapport sur les finances publiques, la Cour s'intéressait à trois postes de dépenses dont elle juge la maîtrise prioritaire : la masse salariale, les dépenses d'assurance maladie et celles des collectivités. Certaines de ses propositions se heurtent cependant aux choix de François Hollande, qui a mis fin à la politique de réduction du nombre de fonctionnaires, un important gisement potentiel d'économies, comme promis pendant sa campagne. Le Premier ministre, Manuel Valls, a confirmé jeudi que le gouvernement ne renoncerait pas aux 60.000 créations d'emplois prévues dans la fonction publique d'Etat, même si elles se feront dans le cadre d'une stabilité globale des effectifs. DES ÉCONOMIES, MAIS PAS D'AUSTÉRITÉ "Les postes d'enseignants que nous souhaitions créer, nous allons continuer de les créer, les postes de policiers et de gendarmes nécessaires pour la sécurité de notre pays, nous allons les créer, les postes pour la justice (...) nous allons les créer", a-t-il dit. "Nous continuerons à faire des économies, sans qu'elles correspondent à de l'austérité et sans qu'elles puissent brider les possibilités de reprise et donc de croissance." Le gouvernement, qui présentera le 1er octobre son projet de budget de l'Etat pour 2015 et la semaine suivante son projet de budget de la Sécurité sociale, pourra puiser des idées dans le rapport annuel de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale qui sera présenté mercredi. Son premier président, l'ancien député socialiste Didier Migaud, avait dit l'an dernier qu'"à tous les niveaux des dépenses sociales, des économies peuvent être faites sans remettre en cause notre modèle social ni prendre les mesures drastiques d'austérité que d'autres pays ont mis en oeuvre". Le gouvernement lui avait alors répondu qu'il "ne peut que souscrire au constat de la Cour lorsque celle-ci considère que le déséquilibre des comptes sociaux est une anomalie qu'il convient de corriger au plus vite". Le niveau des dépenses publiques a augmenté en France l'an dernier pour s'établir à 57,1% du PIB, le niveau le plus élevé mesuré depuis plus de 50 ans, alors qu'il a baissé en moyenne dans la zone euro et dans l'Union européenne. (Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le vendredi 12 sept 2014 à 09:36

    Le niveau des dépenses publiques a augmenté en France l'an dernier pour s'établir à 57,1% du PIB, le niveau le plus élevé mesuré depuis plus de 50 ans, alors qu'il a baissé en moyenne dans la zone euro et dans l'Union européenne???...On a donc un énorme problème en France, doublé par incompétence et incurie de ce Gvt trompette...Ce sont des fous furieux et irrésponsables...Il faut réveiller la Veuve Guillotin et lui faire reprendre du service !!!...

  • cavalair le jeudi 11 sept 2014 à 19:07

    On est pratiquement en faillite et l'espagnol parle encore d'embocher 60000 enseignants

  • janaliz le jeudi 11 sept 2014 à 18:27

    Quand le cyclotouriste et son assesseur aux courbes virevoltantes seront sous la tutelle de Bruxelles ils iront s'expliquer sur la nécessité de faire encore grossir le mammouth...

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