France-Le gouvernement inébranlable sur la réforme du collège

le , mis à jour à 16:55
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* Arrêté et décret publiés au Journal officiel * Le SNES, la droite, dénoncent "une provocation" * Le gouvernement récuse tout passage en force * Najat Vallaud-Belkacem invite au dialogue (Actualisé avec Valls, Vallaud-Belkacem, réactions) PARIS, 20 mai (Reuters) - Le gouvernement s'est montré inflexible mercredi sur la mise en oeuvre de la réforme contestée du collège, dont le décret et l'arrêté ont été publiés au Journal officiel au lendemain de la grève des enseignants accompagnée de manifestations peu suivies. Le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire qui a revendiqué mardi plus de 50% de grévistes, a dénoncé "une provocation, une faute". L'organisation réclamait une suspension de la réforme pour engager des discussions avec le ministère de l'Education. "Le Premier ministre commet une faute lourde. Non seulement ça ne va pas faire taire la contestation, mais ça risque de réveiller certains qui étaient prêts à des ajustements plus mesurés, là ils vont vraiment considérer qu'on les méprise", a réagi sur iTELE Frédérique Rolet, co-secrétaire du SNES. "Si le gouvernement n'entend pas, il y aura grèves et manifestations à la rentrée", a-t-elle prévenu. L'ancien ministre de l'Education François Bayrou a déploré sur BFM TV un passage en force et appelé à une "manifestation nationale" des enseignants, "le seul recours qu'on leur laisse". L'UMP, qui organise la riposte en ordre dispersé, a demandé mercredi l'abrogation du décret et un débat "projet contre projet" par la voix du chef de file des députés UMP, Christian Jacob, qui a fustigé à l'Assemblée "un acte politique brutal". L'UMP EN ORDRE DISPERSÉ Dans un tweet, Nicolas Sarkozy appelle à la mobilisation pour la défense de l'école républicaine, mais plusieurs responsables de l'UMP réprouvent tout appel à manifester. Le député UMP Bruno Le Maire, qui mène la contestation dans l'opposition, s'est élevé pour sa part contre "le mépris de Manuel Valls pour le débat, les élèves et les enseignants". "Ce passage en force renforce ma détermination à combattre la réforme avec les 300 parlementaires et 26.000 signataires de mon appel" au retrait de la réforme, dit-il sur Twitter. Pour l'ancien Premier ministre UMP François Fillon, qui fut aussi ministre de l'Education, "il faut que la communauté éducative trouve les moyens de réagir à ce passage en force". La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a répondu à ses détracteurs que la réforme, programmée pour la rentrée 2016, irait à son terme. "Ce n'est pas une nouveauté, lorsqu'on réforme dans l'Education nationale ou ailleurs, que d'avoir des oppositions, que de ne pas faire l'unanimité", a-t-elle relativisé à l'issue du conseil des ministres, alors que son "baptême du feu" syndical est jugé moins cinglant qu'en 1999 contre Claude Allègre ou en 2005 contre François Fillon, par exemple. "Nous avons besoin sur cette réforme du collège de ne plus perdre de temps, nous devons aller vite", a plaidé la ministre sur France Info. VALLAUD-BELKACEM "À L'ÉCOUTE" La publication du décret, a-t-elle poursuivi à l'Assemblée, va "permettre d'ouvrir les discussions avec ceux qui se sont mobilisés hier, avec ceux qui souhaitent qu'on précise les conditions" de mise en oeuvre de la réforme. Une circulaire d'application destinée à "lever un certain nombre de malentendus" sera adoptée "dans les prochains jours", a-t-elle précisé. Le Premier ministre, Manuel Valls, et la ministre de l'Education récusent toute précipitation, soulignant que le calendrier est celui prévu dans le cadre de la loi sur la refondation de l'école. "Il y a eu ici des questions et des réponses, il y a eu de la concertation avec l'ensemble des partenaires", a souligné le chef du gouvernement à l'Assemblée. Rappelant que cette réforme était notamment soutenue par la CFDT et l'Unsa, Manuel Valls a dit sa "conviction profonde que l'immense majorité des Français (...) attendent un changement". Le décret et l'arrêté relatifs à "l'organisation des enseignements au collège" détaillent l'ensemble des mesures de la réforme qui entrera en vigueur en 2016, y compris les plus contestées, comme l'instauration d'enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), des travaux en groupes prévus à partir de la 5e sur des thèmes tels que "Corps, santé, bien-être et sécurité" ou "Information, communication, citoyenneté". Ce dispositif, qui laisse aux établissements une marge de manoeuvre de 20% pour l'apprentissage des sujets "transversaux", cristallise les inquiétudes des enseignants. ( ID:nL5N0YA2E2 ) (Sophie Louet)

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  • M5003824 le mercredi 20 mai 2015 à 17:45

    La majorité des Français s'attend à un changement mais ce n'est pas celui auquel il pense !!Exit >Mr Vals ! On ne peut pas proner la concertation et fonctionner comme un dictateur de republique bananière.!!