France-Le gouvernement en porte-à-faux avec son "réformisme"

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* Le gouvernement recule sur la DGF et l'AAH * L'opposition y voit un mouvement de panique * Tensions à un mois des élections régionales PARIS, 4 novembre (Reuters) - La volonté affichée de "réformer jusqu'au bout" de François Hollande et Manuel Valls pâtit de leurs récents reculs fiscaux, dans lesquels l'opposition voit un signe de "panique" à un mois des élections régionales. A Sciences-Po mardi soir, le Premier ministre a une nouvelle fois défendu sa vision du "social-réformisme", plaidant le "compromis" dans une société où "on ne peut pas gouverner à la schlague". "Le choix de la réforme, c'est ce que les Français attendent, quelles que soient leurs convictions politiques", a déclaré Manuel Valls devant des centaines d'étudiants. "L'immobilisme, c'est nous condamner au déclin." Un discours démenti pourtant par l'annonce le jour même du report d'un an de la mise en oeuvre de la réforme de la dotation globale de fonctionnement (DGF), principale aide de l'Etat aux collectivités locales. ID:nL8N12Y402 Puis la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville, retirait la réforme du calcul de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), qui avait provoqué l'ire des associations. ID:nL8N12Y5II Deux fléchissements au moment où le gouvernement s'emploie à répondre dans l'urgence à l'imbroglio des impôts locaux de quelque 900.000 contribuables, souvent des retraités modestes. Le ministère des Finances a assuré qu'ils seraient remboursés. ID:nL8N12Y2VJ Stéphane Le Foll a repoussé les accusations d'impréparation, d'amateurisme, ou de renoncement qui se multiplient contre le gouvernement . "On ajuste, on écoute et on avance", a justifié le porte-parole du gouvernement sur France 2. "VALLS NE PILOTE PLUS RIEN" Pour l'opposition, ces cahots témoignent d'une "panique générale" de l'exécutif à l'approche des régionales des 6 et 13 décembre potentiellement dévastatrices pour la gauche. "Puis-je rappeler aimablement et 'républicainement' parlant, (...) à François Hollande: M. le président, c'est vous le président, ce n'est plus moi. Pour l'instant...", a ironisé ainsi sur RTL Nicolas Sarkozy, auquel le gouvernement impute les effets de la suppression de la "demi-part des veuves" en 2008. "C'est peut-être un peu éculé maintenant de dire que c'est de la faute à Sarkozy", a ajouté l'ancien chef de l'Etat. "Si on n'avait pas pris des mesures difficiles, les pensions ne seraient pas payées." Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, juge pour sa part que le Premier ministre "perd pied". "Les mesures sont annoncées sans aucune préparation, elles sont retirées aussi précipitamment qu'elles sont arrivées", a-t- il dit à Reuters. "Manuel Valls ne pilote plus rien. Il est guidé par ses pulsions et par la panique." François Bayrou a évoqué une "ambiance d'improvisation", d'"amateurisme" et de "panique électorale". Invité sur BFM TV et RMC, le président du MoDem, partisan d'une large réforme fiscale, y voit le signe d'un Etat "faible". La présidente du Front national Marine Le Pen a accusé le gouvernement de s'attaquer aux pauvres. "Si c'est involontaire, ce sont des nuls", a-t-elle lancé lors de l'émission Questions d'info sur LCP. "Aujourd'hui, on rabote sur les plus modestes. Que ce soit l'UMP ou le PS, c'est 'Mort aux pauvres', il faut dire les choses." "La réalité, c'est que s'il n'y avait pas des élections dans un mois, ils n'auraient pas reculé sur ces mesures qui sont à vomir", a-t-elle ajouté, alors que les sondages promettent de bons scores à son camp. (Elizabeth Pineau, avec Emile Picy, édité par Sophie Louet)

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