France-Le gouvernement défend son plan Alstom face aux critiques

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    * L'Etat a pris ses responsabilités, dit Hollande 
    * Sirugue défend la rationalité de l'achat de 15 rames TGV 
    * Il s'agit selon lui d'une bonne décision pour le 
contribuable 
 
 (Avec explications de Sirugue et Vidalies) 
    PARIS, 5 octobre (Reuters) - François Hollande et le 
gouvernement ont rejeté mercredi les accusations de "bricolage" 
industriel et électoraliste qui ont fusé après l'annonce, mardi, 
d'un plan de sauvetage du site Alstom  ALSO.PA  de Belfort. 
  
    L'Etat a pris ses responsabilités en conciliant maîtrise des 
finances publiques et pérennité de l'entreprise, a ainsi déclaré 
le chef de l'Etat lors de l'inauguration du centre de recherche 
de Safran Electronics et Défense  SAF.PA  à Eragny (Val-d'Oise). 
    De son côté, le nouveau secrétaire d'Etat à l'Industrie, 
Christophe Sirugue, qui a conduit les négociations avec Alstom 
et les autres acteurs de la filières ferroviaire, a justifié la 
mesure la plus contestée, l'achat par l'Etat de 15 rames TGV. 
    "Le choix qui a été fait, c'est d'assurer par la commande 
d'Etat de donner toutes sortes de charges à des sites et à des 
entreprises qui en ont le plus besoin", a dit François Hollande. 
    "Quand l'Etat est absent, on met en cause son inertie. Mais 
quand l'Etat est présent, on s'interroge sur les moyens dont il 
dispose pour assurer l'avenir", a-t-il ajouté.  
    Le plan comprend l'accélération de commandes déjà en 
discussion et un début de diversification du site de Belfort, où 
 70 millions d'euros seront investis, pour en faire notamment un 
centre européen de maintenance des locomotives.   
    La mesure la plus moquée est la commande anticipée par 
l'Etat, pour environ 500 millions d'euros, de 15 TGV voués à 
rouler sur des voies traditionnelles qui ne seront au mieux 
transformées en lignes à grande vitesse qu'en 2025-2030, avec 
les coûts supplémentaires de fonctionnement que cela suppose. 
         
    RATIONALITÉ ÉCONOMIQUE 
    Christophe Sirugue a défendu la rationalité économique de 
cette décision devant la commission des Affaires économiques de 
l'Assemblée Nationale. 
    Il a rappelé que la liaison Bordeaux-Marseille, à laquelle 
sont destinées ces 15 rames de TGV Euroduplex, était une des 
trois lignes "structurantes" identifiées par un récent rapport 
parlementaire et que leur matériel roulant vieillissant devait 
de toute façon être remplacé à plus ou moins brève échéance. 
    L'Etat, en tant qu'autorité organisatrice des transports sur 
les liaisons Intercités, avait deux possibilités, a expliqué le 
secrétaire d'Etat à l'Industrie. 
    L'une consistait à acheter d'abord des trains Intercités 
pour 350 millions d'euros, puis, lors de la mise en service des 
futures LGV, des rames TGV pour 450 millions d'euros. 
    L'autre, retenue par le gouvernement, consiste à acheter dès 
maintenant des TGV, quitte à les faire rouler à la vitesse des 
trains Intercités en attendant l'arrivée des tronçons LGV. 
    "Ce n'est donc pas une commande supplémentaire", a fait 
valoir Christophe Sirugue. "Le gouvernement a fait le choix de 
ne pas acheter du matériel deux fois. Ainsi il prend, me 
semble-t-il, la meilleure décision à long terme pour le 
contribuable." 
    Faire rouler des TGV sur des lignes traditionnelles n'est 
pas nouveau, a-t-il souligné. Il a notamment cité le cas des 
liaisons Marseille-Nice, Le Mans-Quimper et Tours-Bordeaux. 
    Enfin, le choix de rames TGV Euroduplex "permet des gains 
substantiels" sur les frais de maintenance et de développement 
en mutualisant ceux-ci avec le parc existant, a-t-il ajouté. 
"Cela compense le surcoût de fonctionnement." 
    Christophe Sirugue a également écarté l'idée que cette 
commande directe de l'Etat, sans appel d'offres, puisse être 
contestée au niveau européen par des concurrents d'Alstom. 
    "L'Etat s'appuie (...) sur un contrat-cadre existant entre 
la SNCF et Alstom pour la fourniture de TGV, qui a en son temps 
donné lieu à un appel d'offre", a-t-il expliqué.  
    Cette décision et les autres mesures annoncées mardi 
donnent, selon lui, de la "visibilité" à six sites d'Alstom et 
pérennisent 1.500 emplois directs et 3.000 emplois indirects.  
 
 (Jean-Baptiste Vey, Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry, avec 
Yann Le Guernigou) 
 

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