France-Le Front national soutiendra Chauprade face à SOS-Racisme

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PARIS, 22 janvier (Reuters) - Marine Le Pen a demandé au Front national d'aider Aymeric Chauprade, chef de file au Parlement européen des 23 eurodéputés frontistes, à organiser sa défense face à SOS-Racisme, qui le poursuit en justice pour une vidéo controversée sur l'islam. La présidente du FN envisage de sanctionner l'eurodéputé qui "n'en fait qu'à sa tête" et fait courir des risques juridiques au FN mais dénonce dans le même temps le "terrorisme intellectuel" de certaines associations. "Au moment où la liberté d'expression est revendiquée par tous, il est paradoxal de continuer à accorder à des associations stipendiées et résolument politisées le privilège exorbitant de poursuivre tous ceux qui expriment une opinion divergente", écrit le parti d'extrême droite dans un communiqué. "Journalistes, écrivains, élus sont aujourd'hui victimes quotidiennement de ce terrorisme intellectuel et judiciaire dont l'objectif est de maintenir une chape de plomb", ajoute-t-il. "Il peut y avoir une explication politique, mais Aymeric Chauprade reste un élu du FN et bénéficie de la protection juridique du parti", explique Florian Philippot, le vice-président du parti. Dans sa vidéo, l'eurodéputé, apôtre de la théorie du choc des civilisations, dénonce l'existence d'une "cinquième colonne islamiste" en France. "Une 5e colonne puissante vit chez nous et peut se retourner à tout moment contre nous en cas de confrontation générale On nous dit qu'une majorité de musulmans est pacifique, certes. Mais une majorité d'Allemands l'était avant 1933 et le national-socialisme", dit-il. "Dans un contexte où 116 actes antimusulmans, dont 28 contre des lieux de culte, ont été recensés en France depuis le début de l'année, et après les terribles attentats qui viennent d'avoir lieu, ces propos sont particulièrement inacceptables" a déclaré SOS-Racisme. Pour l'association, la diffusion de cette vidéo sur des sites du Front qui, bien souvent, n'ont pas de directeur de la publication engage aussi la responsabilité pénale de Marine Le Pen. La dirigeante a demandé aux cadres du FN de ne pas relayer la vidéo d'Aymeric Chauprade, ce qui n'a pas empêché sa nièce et députée frontiste du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, de la tweeter. Reprochant à l'eurodéputé son indiscipline, la présidente du FN a déclaré "lutter justement contre l'éventualité d'un choc des civilisations" et a évoqué la possibilité de lui retirer ses fonctions de chef de file de la délégation frontiste au parlement européen. Aucune décision n'a été prise à ce jour, dit-on dans son entourage. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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