France-Le Front national renonce à son défilé du 1er mai

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    * Le numéro 2 du FN invoque des raisons de sécurité 
    * Jean-Marie le Pen se dit indigné 
 
    PARIS, 4 mars (Reuters) - Florian Philippot, vice-président 
du Front national (FN), a annoncé vendredi que le parti 
abandonnait cette année le défilé du 1er mai en hommage à Jeanne 
d'Arc instauré par Jean-Marie Le Pen, lequel voit là une 
"rupture fondamentale". 
    Selon le numéro 2 du FN, qui a invoqué des raisons de 
sécurité, la formation d'extrême droite continuera à se 
rassembler à la même date mais dans d'autres conditions. 
    "Il y aura un hommage à Jeanne d'Arc dans ce 1er mai 
innovant, renouvelé. (...) Il y aura bien sûr un hommage à 
Jeanne d'Arc le matin, autour de Marine le Pen, puis (...) un 
grand banquet national", a dit Florian Philippot sur France 2. 
    Il a précisé que des intervenants pourraient prendre la 
parole lors de ce banquet "patriote", avant un discours de 
clôture prononcé par la présidente du parti.  
    "Le défilé ne sera plus dans la nouvelle version. Par 
ailleurs, je pense que ce n'est pas mal pour des raisons de 
sécurité également", a poursuivi Florian Philippot. 
    Il faisait là aux menaces formulées par le groupe Etat 
islamique contre les rassemblements du parti et rejeté l'idée 
selon laquelle les dirigeants tenteraient, par ce biais, de se 
débarrasser d'un héritage encombrant de Jean-Marie le Pen, exclu 
en août 2015 après des propos polémiques. 
    "Il n'y a rien de gênant, c'était très agréable et très 
sympathique mais je pense que c'est bien aussi d'être capable de 
faire du neuf", s'est-il justifié. 
    Jean-Marie Le Pen, cofondateur du parti, avait fait de 
Jeanne d'Arc la figure tutélaire du FN et du défilé organisé en 
son hommage une tradition depuis la fin des années 1980. 
    Vendredi, il a fait part de sa "surprise" et de son 
"indignation".  
    "Il y a près de trente ans que le Front national défile le 
1er mai en unissant à la fois l'image de la patrie et Jeanne 
d'Arc et celle du travail (...). Il s'agit évidemment d'une 
rupture considérable", a-t-il déploré sur RTL. 
    "J'appellerai tous les gens qui n'ont pas peur de Daech, 
parce que c'est le prétexte qui est donné (...) à se retrouver 
devant la statue de Jeanne d'Arc (...) et je m'adresserai 
d'ailleurs à ce moment-là à la foule des patriotes qui 
viendront, j'en suis sûr, répondre à mon appel", a-t-il ajouté. 
    Le 1er mai 2015, en plein conflit familial, le prédécesseur 
de Marine le Pen, dérogeant au programme prévu, s'était invité 
pendant quelques secondes sur l'estrade où sa fille s'apprêtait 
à prononcer un discours.     
    Les relations père-fille se sont détériorées après 
l'accession de Marine Le Pen à la présidence en 2011 et 
Jean-Marie Le Pen a fini par être exclu en août 2015 du 
mouvement, soucieux de se donner une image jugée plus 
respectable. 
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • delapor4 le vendredi 4 mar 2016 à 12:33

    La France n'a pas voulu de Jean-Marie Le Pen, l'Histoire ne voudra plus de la France.