France-Le frère de Salah Abdeslam lui demande de s'exprimer

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    PARIS, 17 octobre (Reuters) - Mohamed Abdeslam, le frère du 
dernier survivant du commando responsable des attentats du 13 
novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, a demandé lundi au jeune 
djihadiste de s'exprimer devant la justice française. 
    Les avocats de Salah Abdeslam ont annoncé le 12 octobre 
qu'ils renonçaient à assurer la défense du djihadiste en raison 
de son mutisme, qu'ils attribuent en partie à ses conditions de 
détention. 
    "Nous savons et nous avons la conviction, et il nous l'a 
dit, qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au 
silence", avait expliqué Frank Berton, qui assurait la défense 
du jeune homme avec son confrère belge Sven Mary. 
    "Je demande à mon frère de s'exprimer", a déclaré lundi 
Mohamed Abdeslam sur RTL, rappelant avoir appelé Salah à se 
rendre à la justice "quelques jours après les événements de 
Paris". 
    Selon Mohamed Abdeslam, son frère s'était déclaré "prêt à 
s'exprimer" lorsqu'il lui avait rendu visite en prison en 
Belgique. 
    "Quelques mois après, c'est une autre personne que j'ai en 
face de moi. J'ai constaté qu'il était plus en retrait, plus 
renfermé sur lui-même", a-t-il ajouté, précisant avoir vu son 
frère il y a un mois.     
    Franck Berton et Sven Mary ont mis en cause la 
vidéosurveillance continue imposée à leur ancien client 
incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne), jugeant qu'elle était la 
principale cause de son mutisme et qu'elle avait été prise pour 
des raisons politiques. 
    Mohamed Abdeslam a estimé lui aussi que ces conditions de 
détention le "renferment sur lui-même". "Il est encore plus 
radicalisé que déradicalisé", a-t-il dit.  
    Mais pour Olivier Morice, avocat de plusieurs familles de 
victimes du Bataclan, l'annonce des défenseurs du djihadiste est 
une "manipulation qui consiste à essayer de présenter Salah 
Abdeslam comme une victime, de déplacer la réalité du débat 
judiciaire". 
   "Je dénonce une forme de cynisme de la part de Salah Abdeslam 
et de ses conseils", a-t-il ajouté. 
   Samia Maktouf, avocate d'une vingtaine de familles de 
victimes des attentats du 13 novembre, a estimé pour sa part que 
l'essentiel était que le djihadiste arrive "sain et sauf" à son 
procès. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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