France-Le fondateur de Forsane Alizza nie tout projet violent

le , mis à jour à 19:48
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* 14 membres du groupuscule en procès jusqu'au 23 juin * L'émir et fondateur du groupe revendique sa radicalité * Délibéré le 10 juillet (Actualisé avec déclarations Achamlane, détails) par Chine Labbé PARIS, 8 juin (Reuters) - Le fondateur et émir du groupuscule islamiste Forsane Alizza, dissous en mars 2012 par le gouvernement, s'est revendiqué lundi d'un islam "décomplexé", mais sans aucun projet violent. Mohamed Achamlane, 37 ans, est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris aux côtés de treize anciens membres du groupe pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et détention illégale d'armes. Il est soupçonné d'avoir cherché des cibles potentielles d'attaques parmi des "ennemis de l'islam". Des soupçons matérialisés par la saisie de nombreuses armes en perquisition et l'organisation d'entraînements physiques au caractère "très connoté", selon l'accusation. "Il n'y a pas d'islam radical (...) il y a un islam authentique, c'est l'islam que l'on prône, c'est un islam décomplexé", a déclaré Mohamed Achamlane à la barre. L'idée était d'attirer de jeunes musulmans tentés par la violence afin de "canaliser leur énergie", a-t-il ajouté. "J'ai toujours retenu mes gars pour pas qu'ils fassent de connerie", a dit ce Nantais. Son avocat, Me Bérenger Tourné, a dit craindre "un certain a priori et une certaine confusion médiatique", cinq mois après les attentats djihadistes qui ont fait 17 morts en France. Créé en 2010, Forsane Alizza --"Les cavaliers de la Fierté" en arabe-- avait selon son fondateur pour objectif principal de lutter contre l'islamophobie en répondant à certains sites identitaires en ayant fait leur fonds de commerce. "MAUVAISE MAYONNAISE" Une liste de commerces juifs à Paris et en proche banlieue, parmi lesquels plusieurs Hypercachers, tristement célèbres depuis l'attentat qui a fait quatre morts le 9 janvier dernier porte de Vincennes, a été découverte sur un fichier intitulé "cibles" appartenant à Mohamed Achamlane. D'après Me Bérenger Tourné, il a téléchargé cette liste en 2009 sur un site internet prônant le boycott d'Israël. "On en fait une mauvaise mayonnaise depuis les événements tragiques de janvier", a-t-il estimé. Mohamed Achamlane aurait également évoqué devant plusieurs membres du groupe le journal Libération, auquel il reprochait d'avoir hébergé la rédaction de Charlie Hebdo, après l'incendie criminel qui a ravagé ses locaux en novembre 2011. Il se serait vanté d'être responsable de cet incendie, déclenché à la veille de la publication, par l'hebdomadaire satirique dont la rédaction a été décimée en janvier dernier, d'un numéro renommé "Charia Hebdo". Ce père de quatre enfants, sans emploi, a déclaré lundi que certains de ses propos sur internet étaient "provocants". "Il y a les paroles et il y a les actes", a de son côté souligné son avocat, estimant qu'aucune preuve tangible n'existe de la préparation d'un acte terroriste. Mohamed Achamlane a reconnu être un "amateur d'armes", et indiqué en posséder depuis l'âge de 14 ans mais ses "pseudo-armes" étaient selon lui souvent factices ou neutralisées. Il a déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment pour port d'armes et violences volontaires. Mohamed Achamlane, ainsi que plusieurs de ses "lieutenants" régionaux, ont été interpellé fin mars 2012, juste après les assassinats par Mohamed Merah de trois militaires ainsi que trois enfants et un enseignant d'une école juive de Toulouse. Six prévenus sont écroués depuis leur interpellation, les autres comparaissent libres. Ils encourent jusqu'à dix ans de prison. Le jugement sera rendu le 10 juillet prochain. (Edité par Yves Clarisse)

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