France-Le Foll charge les frondeurs, appelle le PS à trancher

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    PARIS, 12 mai (Reuters) - Les députés socialistes ayant 
signé mercredi la motion de censure "de gauche" avortée contre 
le gouvernement ont été pris pour cible jeudi par Stéphane Le 
Foll, qui a à demi-mot appelé le PS à se prononcer sur le cas de 
ces élus.    
    "Ils ont pris une très lourde responsabilité", a estimé le 
ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement sur 
Europe 1.  
    Selon ce fidèle de François Hollande qui a été à l'origine 
de l'initiative "Hé oh, la gauche !", cette attaque contre 
l'exécutif risque de faire le jeu de l'opposition en vue des 
prochaines échéances électorales. 
    "Le seul résultat, ce sera de diviser de manière 
supplémentaire la gauche et faire gagner la droite", a-t-il 
déclaré.  
    Stéphane Le Foll a notamment dénoncé le fait que ces 
parlementaires se placent en situation d'opposition systématique 
à un parti dont ils se réclament au moment des scrutins. 
    "Le fait d'être au Parti socialiste garantit quand même pour 
beaucoup le fait d'être élu", a-t-il indiqué. 
    Précisant qu'en temps que simple membre du PS, il ne lui 
revenait pas de se prononcer sur d'éventuelles sanctions de ces 
parlementaires dissidents, il a cependant suggéré à demi-mot un 
rappel à l'ordre. 
    "Il y aura des débats, bien sûr, après ce qui s'est passé, 
puisque jusqu'au bout certains ont cherché à faire tomber le 
gouvernement", a-t-il relevé. 
     
    APPEL A UNE CLARIFICATION  
    De la même façon, le secrétaire d'Etat chargé des Relations 
avec le Parlement Jean-Marie Le Guen n'a pas appelé 
explicitement à une exclusion des députés récalcitrants et s'en 
est remis à la direction du PS. 
    "Je me tourne vers ceux qui sont en responsabilité pour voir 
ce qu'il convient de faire", a-t-il dit sur iTELE.  
    "La question des règles collectives se pose (...) Je pense 
que c'est allé trop loin (...) Je pense que les choses, à un 
moment ou un autre, doivent être clarifiées", a-t-il ajouté en 
évoquant "une forme d'irresponsabilité d'une certaine gauche". 
    "Nous ne sommes pas là pour dynamiter toute perspective à 
gauche", a répondu sur BFMTV le député socialiste de la Nièvre 
Christian Paul, chef de file des frondeurs.  
    Selon lui, "le but d'une motion de censure c'est de dire 
stop à un texte" et l'initiative de mercredi reflétait "un 
avertissement très ferme qui vient de toute la gauche".     
    Les opposants de gauche à la loi Travail ont échoué de peu à 
déposer une motion de censure contre le gouvernement mercredi, 
une attaque rare et symbolique de la profonde division de la 
gauche à un an de la présidentielle et des législatives. 
  
    Ils ont réuni 56 signatures sur les 58 nécessaires pour 
présenter un texte dont l'adoption par au moins 289 députés 
aurait permis de renverser le gouvernement. 
    Parmi les signataires figurent 28 socialistes (sur les 285 
que compte le groupe à l'Assemblée), les 10 députés Front de 
gauche, 10 écologistes et un mélange de non-inscrits de gauche 
ou du centre. 
    Le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux avait 
annoncé avant le scrutin que les élus qui voteraient une motion 
de censure seraient exclus du groupe et du PS.         
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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