France-Le FN confirme son ancrage local pour viser le national

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* Le FN sera au second tour dans plus de la moitié des cantons * Il poursuit le maillage systématique du territoire * Il a capté une partie de l'électorat UMP-chercheurs par Gérard Bon PARIS, 23 mars (Reuters) - Même s'il a échoué à s'installer dimanche comme le premier parti de France, le FN a confirmé son ancrage électoral, qui en fait un acteur de plus en plus influent du débat national. Distancé par l'UMP-UDI (29,4%) au premier tour des élections départementales, le parti de Marine Le Pen (25,19%) réalise le meilleur score de son histoire à des élections locales, frôle celui des européennes de 2014 et arrive en tête dans 40% des 102 départements de France. Fait nouveau, le Front national progresse moins là où sa dirigeante avait fait ses meilleurs scores à la présidentielle de 2012 ou dans les zones rurales que dans des secteurs bourgeois et des régions où il était peu implanté. Pour les politologues Jean-Yves Camus et Joël Gombin, de l'Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean Jaurès, Marine le Pen a réussi à capter "une partie du coeur de l'électorat UMP" le plus opposé à l'exécutif socialiste. "Une partie de l'électorat de droite dans une opposition radicale au système politique tient à envoyer des signaux", souligne Joël Gombin. Même si le premier tour n'a pas été "la victoire escomptée" prédite par les sondages, "le FN réalise un très bon score", confirmant que la stratégie de miser sur le local "est une stratégie gagnante", note pour sa part Jean-Yves Camus. Le parti frontiste compte dès le premier tour huit élus, contre deux précédemment. Selon les calculs effectués par Le Monde, il arrive en tête dans 322 cantons et sera au second tour dans 1.073, soit plus de la moitié. Compte tenu du mode de scrutin, la prise d'un ou plusieurs départements comme le Vaucluse et l'Aisne sera très ardue, reconnaît-on au FN, mais des élus devraient faire leur entrée dans de nombreux conseils départementaux. "L'ECHEC DU COMBAT ANTI-FN" "Il s'agit de poursuivre le maillage territorial qui change la nature de ce parti", dit Jean-Yves Camus, soulignant que le FN effectue des percées dans des zones où il n'existait pas dans les années 90, comme le Sud-Ouest ou l'Ouest. Selon lui, le FN n'effectue pas des sauts quantitatifs spectaculaires à l'instar de certains parti populistes européens, mais "procède par grignotage". Les deux chercheurs demeurent sceptiques sur l'idée d'un "plafond de verre" que la formation de Marine Le Pen ne parviendrait pas à franchir. "Le vivier potentiel s'accroît", assure Joël Gombin. Le politologue Gérard Le Gall, ancien membre de la direction du Parti socialiste, juge la portée du double succès du FN aux européennes et aux départementales "considérable". "L'agenda des deux années à venir (régionales de 2015 et présidentielle de 2017) va en faire un acteur incontournable dans toutes les stratégies, à droite et à gauche", dit-il Dans Le Monde, daté de mardi. "Le tout dans un univers politique et médiatique qui devrait faire réfléchir à l'échec de ces combats contre le FN autour de la juste place à lui consacrer et du juste ton à lui opposer", ajoute-t-il. (Edité par Yves Clarisse)

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