France-Le financement participatif soumet ses idées pour grandir

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PARIS, 17 septembre (Reuters) - Le financement participatif a plus que doublé en France au premier semestre par rapport à la même période en 2014, a annoncé l'association qui regroupe la plupart des plateformes françaises en dévoilant jeudi 15 propositions, fiscales ou réglementaires, pour le développer encore. Quelque 133,2 millions d'euros ont été collectés au premier semestre, contre 66,4 millions sur les six premiers mois de 2014, avec une forte dynamique de l'investissement et des prêts, selon le baromètre de Financement participatif France (FPF). La collecte de prêts a atteint 85,1 millions d'euros contre 37,4 millions en 2014, l'investissement 24,2 millions d'euros contre 9,7 et le total des dons 23,7 millions contre 19,1. "On est toujours sur un rythme de croissance annuelle de 100%", a dit Nicolas Le Sur, président de FPF, lors d'une conférence de presse. "A partir de ça, on a réfléchi à plusieurs propositions qui pourraient assez facilement se mettre en oeuvre et permettraient d'aller plus loin pour développer le secteur", a-t-il ajouté, en rappelant le retard sur la Grande-Bretagne où le "crowdfunding" a représenté 2,3 milliards d'euros en 2014. FPF a donc soumis 15 idées pour doper un mode de financement qui reste très marginal pour les entreprises mais constitue selon Nicolas Le Sur une alternative intéressante sur les opérations d'amorçage où "les banques ne sont pas présentes". "Notre objectif, c'est le projet de loi de finances" pour 2016 qui sera présenté à la fin du mois, a dit Nicolas Le Sur, disant avoir "bon espoir" que certaines idées voient le jour. L'association propose de créer une fiscalité propre pour l'activité de prêts rémunérés, imposée au même régime que les intérêts des produits d'épargne, en l'inspirant de celles sur les plus-values afin de n'imposer que les gains. Elle demande aussi l'instauration d'une franchise sur les intérêts imposables alignée sur celle des retraits d'intérêt d'assurances vie au nom de la récompense du risque pris. Sur le même volet des prêts, FPF suggère d'adapter le régime des bons de caisse pour unifier la durée des prêts et étendre les possibilités d'émissions, ou encore d'autoriser le financement de besoins de trésorerie. En matière d'investissement, FPF souhaite voir élargi le champ des titres financiers que les sociétés peuvent proposer, aujourd'hui restreint aux actions ordinaires ou obligations à taux fixe. L'association appelle aussi à faciliter la pré-souscription car l'absence d'informations et les procédures de vérification souvent longues "découragent" parfois les investisseurs. Elle demande enfin le relèvement du plafond de financement, aujourd'hui d'un million d'euros, qui convient pour des start-ups en phase d'amorçage - la collecte moyenne sur wiseed, par exemple, est autour de 250.000 à 300.000 euros -, mais est un frein pour des PME "matures" aux besoins plus importants. Dans le domaine des dons, la principale proposition vise à ouvrir l'accès au financement participatif aux collectivités qui ne peuvent faire encaisser des recettes par un intermédiaire. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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