France-Le Drian restera à la Défense jusqu'en 2017-sources

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* Le ministre laisse entendre qu'il sera encore là en 2016 * Des sources confirment son maintien au gouvernement * Il reste toutefois candidat pour les régionales en Bretagne par Marine Pennetier STRASBOURG/PARIS, 15 septembre (Reuters) - Jean-Yves Le Drian restera ministre de la Défense jusqu'à la fin du mandat de François Hollande en 2017 même en cas de victoire de la liste socialiste aux élections régionales en Bretagne, a-t-on appris de sources parlementaires et gouvernementale. Très discret sur ses intentions en vue du scrutin de décembre, ce fidèle du président a laissé échapper un indice lundi, à l'occasion de l'université de la Défense à Strasbourg. "C'est ma quatrième université d'été comme ministre de la Défense", a-t-il dit. "Je dois dire que depuis 2012 je crains de faire à chaque fois un discours un peu plus long et je ne vous dis pas l'année prochaine." En mars, il avait fait une première allusion aux rumeurs le donnant sur le départ en assurant qu'il "exécuterait jusqu'à fin 2015 l'agenda du ministère de la Défense" sans aller au-delà. "Bien sûr qu'il reste", dit une source parlementaire à propos de l'avenir de Jean-Yves Le Drian au gouvernement. Une information confirmée de source gouvernementale. Le ministre de la Défense ne renonce pas pour autant à la Bretagne. Selon une autre source parlementaire, il devrait maintenir sa candidature aux élections régionales sans toutefois devenir officiellement tête de liste afin de ne pas prêter le flanc aux critiques sur un mélange des genres. "En cas de victoire de la liste PS, l'idée c'est que François Hollande lui demande de rester à la Défense en raison de la situation sécuritaire", ajoute cette source. A la fin du quinquennat, Jean-Yves Le Drian récupérerait la présidence de la région Bretagne après démission du président du conseil élu, précisent les sources. Interrogé par Reuters, l'entourage de Jean-Yves Le Drian s'est refusé à tout commentaire. MINISTRE PRÉFÉRÉ DES FRANÇAIS Le député socialiste Christophe Caresche a de son côté indiqué qu'il ne serait pas "choqué" si François Hollande et Manuel Valls décidaient de garder Jean-Yves Le Drian au gouvernement, même en cas de victoire aux régionales. "Je pense qu'ils sont prêts à faire une entorse aux règles pour qu'il reste au gouvernement. Dans la situation actuelle, on a besoin de lui et il est incontournable", a-t-il dit à Reuters. A 68 ans, Jean-Yves Le Drian est devenu en trois ans le ministre préféré des Français avec 59% de satisfaits selon un récent sondage Ifop pour Sud-Ouest. Propulsé en première ligne avec la multiplication des interventions françaises et la mobilisation de l'armée en France après les attentats de janvier, il a également développé d'étroites relations avec les pays du Golfe qui se sont traduites par un boom des exportations françaises d'armement. Les prises de commandes sont passées de 4,8 milliards d'euros en 2012 à plus de 8 milliards en 2014 et devraient continuer sur cette tendance cette année. Profitant d'un contexte géopolitique tendu, le tandem Le Drian-Hollande a notamment décroché en 2015 des contrats d'export de l'avion de combat français Rafale, les premiers, avec le Qatar et l'Egypte et les discussions avec l'Inde évolueraient bien selon le ministre de la Défense. Jean-Yves Le Drian n'a pas pour autant délaissé la Bretagne, où il continue de se rendre régulièrement et dont il a défendu les intérêts lors de la réforme territoriale en évitant in extremis une fusion de sa région avec les Pays-de-la-Loire. Sa présence en troisième position sur la liste PS, perçue comme indispensable par la gauche pour garder la majorité au conseil régional, est donc loin d'être une surprise. "J'aime beaucoup la Bretagne, c'est ma passion", déclarait-il en juin sur BFM TV. Salué par les industriels - "c'est le meilleur ministre de la Défense depuis 40 ans en France" souligne un patron d'un grand groupe industriel de défense-, Jean-Yves Le Drian a su se faire apprécier de l'armée obtenant la sanctuarisation du budget défense et le maintien des effectifs malgré les contraintes. (Avec Emile Picy, Cyril Altmeyer et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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