France-Le djihadiste Gilles Le Guen condamné à huit ans de prison

le , mis à jour à 14:46
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(Actualisé avec avocat) PARIS, 15 mai (Reuters) - Le Breton Gilles Le Guen, 60 ans, a été condamné vendredi à huit ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir rejoint le groupe Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Nord-Mali en 2012 et 2013, comme l'avait requis le parquet. Le djihadiste présumé avait été arrêté en avril 2013 par l'armée française dans le nord du Mali puis expulsé vers la France, après son apparition dans un reportage télévisé sur les Français présents dans les rangs d'AQMI à Tombouctou. Il était accusé d'avoir participé à la propagande d'AQMI, ainsi qu'à des entraînements armés et à l'offensive du groupe, en mars 2013, sur la ville de Diabali, au nord de Bamako. "On est déçus de ce jugement et il nous convainc que parfois la justice ne sait pas singulariser et voir la différence entre les différentes personnes qui sont placées devant elle", a déclaré son avocat Me Alexandre Vermynck, à la presse. "Il s'agit d'un homme pour qui la quête mystique et religieuse est importante, un homme très original mais qui ne représentait et ne représentera quand il sortira aucun danger pour la société française et la société occidentale", a-t-il ajouté. "Vu la sévérité de la sanction il y a des chances que l'on fasse appel". Individu à la personnalité "peu ordinaire" selon l'expert psychiatre qui l'a examiné -- il se définit lui-même comme un "marginal" --, Gilles Le Guen, père de huit enfants et ancien capitaine de la marine marchande attiré par la vie nomade, a vécu successivement au Maroc, en Mauritanie et au Mali. ID:nL5N0XW1LG En juin 2012, il a rejoint les rangs d'AQMI à Tombouctou. "Un paumé qui devient terroriste", disait de lui le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian après son arrestation. Converti à l'islam avant ses 30 ans, Gilles Le Guen a reconnu lors de son procès s'être "investi" deux mois auprès d'AQMI, mais assure avoir voulu s'en éloigner après s'être rendu compte que l'organisation "n'avait rien à proposer au peuple". "Même si à un moment j'ai eu un certain enthousiasme, j'ai vite fait marche arrière", a-t-il déclaré à l'audience. Dans une vidéo diffusée en septembre 2012 à la télévision française, celui qui se faisait appeler Abdel Jelil, déambulait dans les rues de Tombouctou une kalachnikov à la main. Un mois plus tard, dans une vidéo de onze minutes diffusée sur un site d'information mauritanien, il rendait hommage à Ben Laden et mettait en garde la France contre une intervention militaire au Mali, devant un drapeau noir d'AQMI. (Chine Labbé et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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