France-Le discours de Marine Le Pen interrompu par les Femen

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(Actualisé avec interpellations, déclarations, détails) PARIS, 1er mai (Reuters) - Le discours de Marine Le Pen, point d'orgue du traditionnel rassemblement du Front national à Paris à l'occasion du 1er-Mai, a été interrompu vendredi par l'irruption de trois "Femen", des militantes féministes, qui criaient "Heil Le Pen!". La présidente du FN avait entamé son intervention place de l'Opéra, devant l'image de Jeanne d'Arc, figure emblématique du jour marquée du slogan "La France fait front!", quand les trois activistes, seins nus, sont apparues au balcon d'un hôtel et ont déployé deux banderoles rouges et blanches, inspirées des bannières du IIIe Reich, où était inscrit en noir "Heil Le Pen". Dans la matinée, deux autres "Femen" qui avaient peint sur leur buste dénudé "Le Pen Top fascist" ("Le Pen, première des fascistes") avaient tenté de perturber le dépôt d'une gerbe par Marine Le Pen au pied de la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides. L'an dernier, des "Femen", du nom d'un mouvement féministe et "antireligieux" fondé en 2008 en Ukraine, s'étaient immiscées dans le cortège du FN avant d'être rapidement évacuées. Au balcon de l'hôtel, munies de mégaphones et de fumigènes, les trois "Femen" ont fait le salut nazi à plusieurs reprises sous les sifflets, et parfois les insultes, de centaines de partisans du FN rassemblés sous la bruine. Marine Le Pen a alors été contrainte d'interrompre son discours durant plus de cinq minutes. "LE VRAI VISAGE DE MARINE LE PEN" "Il est assez paradoxal quand on se dit féministe de venir tenter de perturber un hommage à Jeanne d'Arc", a-t-elle lancé à l'adresse des militantes. Des membres du service d'ordre du FN ont finalement délogé sans ménagement les trois jeunes femmes du balcon après plusieurs minutes de flottement. L'un d'eux a levé le poing en signe de victoire. "Elles vont être obligées d'aller se rhabiller", a dit alors Marine Le Pen, avec un sourire crispé. Les trois militantes, qui s'étaient enfermées à clé dans une chambre avec un accompagnateur -- chambre réservée grâce aux dons consentis à Femen France, a précisé l'organisation par la suite -- ont été entendues par la police, ainsi que des membres du service de sécurité du FN. Toutes les personnes entendues ont été laissées libres après leur audition. "Ils étaient très violents, si la police n'était pas intervenue, ça aurait pu dégénérer. Je ne sais pas comment ils ont réussi à rentrer dans notre chambre avant la police", a témoigné l'une des "Femen", Sarah Leconte, à la sortie du commissariat. Elle a précisé à des journalistes qu'elles étaient convoquées lundi à la police pour "exhibition sexuelle". "Nous avons devoilé le vrai visage de Marine Le Pen et du FN", a-t-elle poursuivi, alors que Femen France clame sur son compte Twitter que "la lutte continue" contre "le Führer Le Pen". (Sophie Louet)

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