France-Le diagnostic optimiste de Hollande boudé par les Français

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    * "Ça va mieux", a martelé François Hollande sur France 2 
    * La droite dénonce un "déni de réalité" 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 15 avril (Reuters) - Les téléspectateurs ont boudé la 
prestation de François Hollande jeudi soir sur France 2, signe 
du désintérêt pour le président qui a défendu son action sans 
changer de cap, en tentant de rassurer la gauche sur ses choix, 
notamment économiques.  
    Selon Médiamétrie, 3,5 millions de téléspectateurs ont 
regardé l'émission "Dialogues citoyens", soit 14,3% de parts 
d'audience, soit deux fois moins que la moyenne pour ce type 
d'intervention, derrière TF1 qui proposait une série policière. 
    "Il y avait une tension forte depuis plusieurs jours, 
notamment sur le rôle de France 2 dans la mise en scène de 
l'émission et, au final, le désintérêt l'emporte", analyse 
Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris Interactive. 
    Ce score "nettement moins important que les prestations 
télévisées précédentes" prouve que "les gens ne voient pas 
l'intérêt d'écouter le président, qui n'arrive plus à faire 
vibrer les sympathisants de gauche", ajoute le politologue. 
"C'est embêtant, car c'était censé être une émission de rebond." 
    Résultat : le message de relatif optimisme n'est pas passé. 
    "Ça va mieux", a assuré le président, qui s'est dit obsédé 
par le souci de "moderniser" le pays en préservant son "modèle 
social" et qui décidera "à la fin de l'année" s'il brigue un 
second mandat.      
     
    UN PRÉSIDENT "DÉMONÉTISÉ" 
    Un message répété vendredi à Venette, dans l'Oise, en marge 
de la visite d'une entreprise. 
    "Les résultats mettent du temps, parfois trop de temps à 
venir. L'essentiel c'est d'être capable de faire des choix 
aujourd'hui qui vont avoir des conséquences dans 10 ans ou dans 
20 ans", a dit François Hollande dans un discours. 
    S'il n'a rien annoncé de nouveau sur France 2, le président 
a justifié ses choix, en insistant sur les mesures à caractère 
social, et délivré des messages d'autorité, notamment à l'égard 
du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, dont l'initiative de 
créer un mouvement politique fait jaser.   
    "Il a été mon conseiller. Il doit être dans l'équipe, sous 
mon autorité", a-t-il dit, rappelant la mise au point faite en 
2004 par le président Jacques Chirac au ministre Nicolas Sarkozy 
("Je décide, il exécute").   
    Malgré ces mises aux point, Jean-Daniel Lévy souligne les 
insuffisances d'un président "démonétisé" avec lequel "on 
n'arrive pas à se projeter dans l'avenir". 
    "Il y a clairement une manque d'autorité, une absence de fil 
à sa politique. Et puis François Hollande ne parle pas à la 
gauche, qui ne l'écoute plus."  
    S'ils ont décrit un président "dans la cohérence", ses 
défenseurs ont reconnu les limites de l'exercice. 
    "Ça va mieux mais il faut continuer", a dit le porte-parole 
du gouvernement, Stéphane Le Foll, sur France Info. "La 
politique c'est pas un sprint, c'est une course de fond." 
    Sur BFM TV, le premier secrétaire du Parti socialiste, 
Jean-Christophe Cambadélis, a reconnu que si "la France va mieux 
(...) les Français ne vont pas encore mieux." 
    Mais pour la droite, le président se trompe de diagnostic.   
    "La situation est extrêmement mauvaise", a ainsi jugé 
Jean-Pierre Raffarin sur RTL. Pour l'ancien Premier ministre, 
"François Hollande parle bien mais pense faux". 
    "Il n'est pas nul, il n'est pas médiocre. Il est habile, 
mais l'habileté n'est pas un projet", a-t-il considéré.  
    Comme lui, l'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, 
Eric Woerth, accuse le président de "déni de réalité"      
     "Ça ne va pas mieux et ce n'est pas noircir la situation 
que de dire cela. Ça ne va pas mieux en vrai, en réel et puis ça 
va pas mieux quand on se compare aux autres pays", a-t-il 
déclaré sur iTELE.  
    "J'ai vu un président qui disait que la France allait mieux, 
je n'ai pas l'impression qu'on vit dans le même pays", a 
renchéri sur Europe 1 le président du Sénat, Gérard Larcher. 
 
 (Avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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