France-Le conflit des routiers dans l'impasse

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PARIS, 22 janvier (Reuters) - Une dizaine de délégués syndicaux des routiers ont fait le pied de grue jeudi matin devant l'hôtel Matignon dans l'espoir d'être reçus par le Premier ministre Manuel Valls après le refus du patronat de reprendre les négociations salariales. Ils pourraient cependant n'être reçus ni par le Premier ministre, ni par le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies compte tenu de l'essoufflement du mouvement et de l'absence de la CFDT dans l'intersyndicale. Alain Vidalies a appelé les patrons à aller négocier, mais ne devrait pas aller plus loin parce que les routiers ne sont pas en position de force et parce que la CFDT, premier syndicat du secteur, n'est pas à ce jour dans l'intersyndicale, dit-on de source proche du dossier. Les organisations patronales du transport routier de marchandises avaient annoncé mercredi qu'elles ne participeraient pas à la réunion de négociation salariale prévue jeudi, en l'absence "d'élément nouveau" après l'échec des premiers rendez-vous. Selon une source proche du dossier, les patrons ont refusé la négociation parce que seuls les permanents syndicaux participent aux blocages et barrages organisés à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFE-CGC. Les syndicats de routiers dénoncent une "smicardisation" de leur métier, et réclament une augmentation de salaire de 5% et divers avantages, dont un 13e mois, ce que les organisations patronales jugent irréalisables. Après l'échec d'une réunion en décembre, ces dernières avaient formulé mardi une nouvelle proposition incluant une hausse à hauteur de 1% à 2% selon les niveaux de salaires, se disant dans l'incapacité économique de faire mieux. Confrontés au second refus des patrons, les syndicats se sont indignés de cette nouvelle fin de non recevoir. "Nous demandons solennellement que le gouvernement sorte de sa réserve et annonce immédiatement la suspension de toutes les aides publiques aux entreprises du secteur d'activité, retournant ainsi le rapport de forces", a déclaré la CGT. Le syndicat a appelé ses militants "à maintenir les actions prévues" sur l'ensemble du territoire mais les perturbations restaient faibles jeudi, avec quelques actions dans le Nord et à Bordeaux. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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