France-Le "cas" Morano embarrasse Nicolas Sarkozy

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* Le président de LR condamne les propos de l'élue * Pas de sanction "à ce stade", selon son entourage * Son investiture pour les régionales remise en cause? (Actualisé avec Laurent Hénart) PARIS, 29 septembre (Reuters) - La candidature de Nadine Morano aux élections régionales de décembre est dans la balance après ses propos sur "la race blanche" française, un écart condamné par Nicolas Sarkozy, qui se désole en privé de la surenchère autour de cette controverse. Si le président des Républicains n'envisage pas à ce stade de sanction contre l'eurodéputée, par ailleurs vice-présidente de la Commission nationale d'investiture du parti, il estime que la question de son investiture à la tête de la liste de Meurthe-et-Moselle est posée, précise-t-on mardi dans son entourage. Le "cas" Morano a été évoqué mardi matin par l'ancien chef de l'Etat lors de la réunion hebdomadaire des Républicains où la déclaration de l'ancienne ministre, samedi soir sur France 2, a été "unanimement condamnée". ( ID:nL5N11Y3RK ) C'est peu de dire que les relations entre Nicolas Sarkozy et Nadine Morano se sont détériorées, notamment depuis que l'élue frondeuse, populaire parmi les militants sarkozystes, a fait acte de candidature, le 4 septembre, à la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle de 2017. Fidèle parmi les fidèles, Nadine Morano n'avait pas apprécié d'être reléguée au second plan lors du retour en politique de Nicolas Sarkozy en septembre 2014. "Nicolas Sarkozy ne veut pas l'avoir au téléphone", précise un proche. C'est son bras droit, Brice Hortefeux, et "d'autres", qui ont tenté de la convaincre d'exprimer des excuses publiques. Sans succès. "Le tort de Nadine, c'est de ne pas reconnaître qu'elle a été maladroite et d'en avoir remis une couche hier", déplore un proche du président des Républicains. SARKOZY S'EN REMET À LA CNI L'eurodéputée a récidivé mardi en répliquant à un "tweet" d'Alain Juppé adressant "un signe d'amitié (...) à nos compatriotes d'Outre-mer qui ne sont pas tous de 'race blanche' mais qui sont tous Français à part entière". "Qui a dit le contraire ? J'ai autant de considération que toi pour nos compatriotes d'Outre-mer", a écrit Nadine Morano sur son compte Twitter. Elle avait dit samedi soir que la France était un pays "de race blanche" et devait le rester. Si la polémique gêne beaucoup le parti d'opposition, la prudence domine dès qu'il s'agit d'y apporter des réponses. "La question n'est pas tant celle d'une sanction. En revanche, si ses propos ont des conséquences extrêmement gênantes au niveau local, il faudra y réfléchir lors de la prochaine réunion de la CNI (Commission nationale d'investiture)", dit-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, laissant entendre que le sort de l'imprévisible élue pourrait être tranché par ses colistiers. Le problème, c'est que ces derniers, ulcérés par les "sorties" de Nadine Morano, dont l'investiture en mai dernier n'a pas fait que des heureux, n'entendent pas endosser cette responsabilité. "PAS UN TRIBUNAL" L'UDI Philippe Richert, candidat dans le Grand Est à la tête d'une liste LR-UDI-Modem, a pris lundi ses distances avec l'élue mais s'en remet aux instances nationales pour la suite. "On n'a pas d'option de changement de tête de liste (en Meurthe-et-Moselle) ou de la mettre à une autre place. Si des décisions doivent être prises, ce sera au niveau du siège", a dit mardi à Reuters un porte-parole du président de la Région Alsace. "L'idée est de la laisser en tête de liste et de voir ce qui se passe au niveau national", a-t-il ajouté. Le maire de Nancy Laurent Hénart, porte-parole de l'UDI pour le Grand Est, a déclaré mardi sur BFM TV que soit Nadine Morano retirait ses propos, soit elle n'était pas chef de file départementale. "On ne peut pas faire campagne sur deux lignes aussi opposées sur un sujet aussi important", a-t-il dit. Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente déléguée de LR, a estimé sur Europe 1 que le bureau politique du parti devrait se saisir du sort de Nadine Morano et lui imposer des sanctions, dont elle n'a pas précisé la nature. "Les Républicains ne sont pas un tribunal", a répondu sur iTELE le député Thierry Solère, chargé de l'organisation de la primaire. A la question de savoir si Nadine Morano conserve ses fonctions de vice-présidente de la CNI, l'entourage de Nicolas Sarkozy répond : "A ce stade oui, on verra bien." "Je pense que la sanction, elle viendra de la part de l'opinion, elle viendra de la part des électeurs, mais ne donnons pas à Nadine Morano plus d'importance qu'elle n'en a au sein des Républicains", a voulu résumer sur iTELE Sébastien Huyghe, porte-parole de LR. (Sophie Louet avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse)

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  • a.guer le mardi 29 sept 2015 à 19:10

    Pour une fois qu’une représentante du peuple fait une remarque de simple bon sens et dit tout haut ce que le peuple pense tout bas, on ne va pas s’en plaindre !

  • charleco le mardi 29 sept 2015 à 18:28

    Il n'y a que des petits hommes verts. Si vous voyez des jaunes, des blancs, des noirs, allez chez l'ophtalmo Alain Juppé. Il vous les fera voir tous rose.

  • M7403983 le mardi 29 sept 2015 à 18:13

    Que mme Morano dise ce qu'elle a à dire. Elle n'a volé quiconque, commis pas de voie de fait, agressé personne, ce qui n'est déjà pas si mal, et mérite même une médaille de bon citoyen !!!!