France-Le bras de fer sur le site Alstom de Belfort se prolonge

le
1
    * Discussions difficiles entre Alstom et le gouvernement 
    * Une réunion avec les syndicats reportée 
    * Valls invite les acteurs du ferroviaire à faire leur part 
 
 (Actualisé avec Bouygues § 16) 
    PARIS, 29 septembre (Reuters) - Manuel Valls a pressé jeudi 
Alstom  ALSO.PA  de faire "les investissements nécessaires", 
alors qu'une solution tarde à se dégager des négociations entre 
le gouvernement et la direction du groupe pour sauver son site 
de Belfort. 
    Le Premier ministre a déclaré au Sénat que le gouvernement 
présenterait ses propositions "dans les prochains jours", alors 
que c'était initialement prévu avant la fin de ce mois, signe 
que les discussions sont difficiles. 
    L'enjeu de ces négociations menées par le secrétaire d'Etat 
à l'Industrie, Christophe Sirugue, dépasse largement le sort du 
site de Belfort et des quelque 400 emplois qui y sont menacés. 
    "C'est une grande partie de l'avenir ferroviaire de notre 
pays qui est en jeu", a souligné Manuel Valls. 
    "Nous faisons tout pour sauver cette entreprise en agissant 
sur la commande publique et (...) en engageant également Alstom 
à faire les investissements nécessaires", a-t-il ajouté. 
    La direction d'Alstom a annoncé le 7 septembre son intention 
de transférer en Alsace son usine de Belfort, spécialisée dans 
la production de motrices, faute de commandes suffisantes.  
    A sept mois de l'élection présidentielle, le gouvernement 
veut éviter que cela ne devienne un nouveau Florange, où la 
fermeture de hauts-fourneaux est jugée par une partie de la 
gauche comme un symbole de l'impuissance du pouvoir socialiste.  
    "Le gouvernement a exigé et obtenu d'Alstom la suspension de 
cette décision afin d'examiner toutes les solutions possibles", 
a rappelé Manuel Valls. 
    Christophe Sirugue a précisé mercredi à l'Assemblée 
nationale qu'il poursuivait un triple objectif dans ses échanges 
avec les acteurs de la filière ferroviaire : donner de la 
visibilité à Alstom en matière de commandes publiques, combler 
le "trou" de son carnet de commandes pour les années à venir et 
diversifier l'activité du site de Belfort. 
    "C'est avant tout aux dirigeants d'Alstom de proposer une 
stratégie industrielle ambitieuse" a cependant insisté jeudi le 
Premier ministre. "L'intérêt de la filière ferroviaire française 
et en particulier des grands clients est de maintenir une 
industrie forte sur notre territoire." 
 
    "DANS LE FLOU" 
    L'Etat dispose jusqu'à octobre 2017 de 20% des actions 
d'Alstom mises à sa disposition par le groupe Bouygues  BOUY.PA  
 et donc d'autant de droits de vote. 
    Mais lors de son audition, mardi, par la commission des 
affaires économiques de l'Assemblée, le PDG d'Alstom, Henri 
Poupart-Lafarge, s'est montré relativement peu réceptif aux 
arguments du gouvernement. 
    Il a dit ne pas voir "d'issue structurelle" aux problèmes du 
site de Belfort et émis des doutes sur la possibilité de 
convaincre la SNCF ou la RATP de passer de nouvelles commandes 
dans le seul but de remplir les carnets de commande d'Alstom. 
    "J'ai trop conscience de la difficulté du transport 
ferroviaire en France pour aller forcer des commandes de trains 
qui iraient rouiller dans des placards", a-t-il expliqué. 
    Il a estimé que l'avenir d'Alstom résidait dans les 
exportations, qui supposent de plus en plus souvent une 
production hors du territoire français. 
    Le groupe Bouygues a également un avis sur le dossier. 
    "Au-delà d'une solution conjoncturelle pour Belfort, il faut 
une solution structurelle. Il n'y a pas en France assez de 
commandes pour nourrir l'activité de Belfort", a dit Philippe 
Marien, directeur financier de Bouygues, à des journalistes. 
    Les syndicats du groupe ont pour leur part voté mardi un 
droit d'alerte économique pour obtenir un état précis de la 
situation d'Alstom, dont le site de Belfort n'est pas le seul à 
souffrir de la crise des commandes en France. 
    Il avait été envisagé que Christophe Sirugue reçoive ce 
vendredi leurs représentants pour leur exposer les propositions 
du gouvernement. Mais cela n'aura finalement lieu, au mieux, 
qu'en début de semaine prochaine, dit-on de sources syndicales.  
    Selon André Fages, délégué CFE-CGC, ce pourrait être "autour 
du 4 octobre", date correspondant à un comité d'entreprise de 
groupe au niveau européen, censé examiner les projets de la 
direction et du gouvernement. 
    Philippe Pillot, délégué syndical Force ouvrière, a pour sa 
part estimé que la réunion avec Christophe Sirugue pourrait même 
se tenir après celle de cette instance.  
    "Cela n'est naturellement pas acceptable pour une gestion 
efficace du dossier", a-t-il déclaré jeudi. "Soit la rencontre 
avec M. Sirugue doit avoir lieu avant (...) soit la réunion (du 
comité de groupe) Alstom doit être reportée." 
    D'autres responsables syndicaux ont confié à Reuters être 
complètement "dans le flou". 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Dominique Vidalon, édité par Yves 
Clarisse) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • rodan3 il y a 7 mois

    stratégie ambitieuse ?? mais il est nul ce sirugue ... 5 ans de travail pour Alstom et 30 mds de commandes en Carnet de commandes, il veut quoi en plus ce fonctionnaire socialopithéque ..