France-Le 3ème kamikaze du Bataclan jugé inapte au port d'armes

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    STRASBOURG, 11 décembre (Reuters) - Foued Mohamed-Aggad, le 
troisième kamikaze du Bataclan, avait tenté de s'engager dans 
l'armée de terre en 2010 mais il n'avait pas été retenu, son 
dossier étant jugé incompatible avec le port des armes, a 
confirmé vendredi l'armée. 
    L'identité de ce jeune homme de 23 ans, qui était parti 
combattre en Syrie avant de revenir participer aux attentats du 
13 novembre, a été révélée mercredi. 
    C'est sa mère, informée par un SMS provenant de sa femme 
religieuse, en Syrie, qui a prévenu les autorités, lesquelles 
ont procédé à une comparaison ADN de la mère et du fils. 
    Dès mercredi soir, un voisin de sa famille à Wissembourg, 
dans le Bas-Rhin, indiquait à Reuters qu'il avait été refusé par 
l'armée, ce qui avait constitué une grande déception pour lui. 
  
    "Oui, il a voulu s'engager dans l'armée de terre", a 
confirmé vendredi à Reuters le lieutenant-colonel Sophie 
Caussel, responsable de la communication à la sous-direction 
recrutement de l'armée de terre. 
   La candidature de Foued Mohamed-Aggad a été écartée au niveau 
du Centre d'Information et de Recrutement des Forces Armées 
(Cirfa), avant les tests de sélection proprement dits, et ce 
pour des raisons confidentielles, a-t-elle indiqué. 
    "Pour chaque candidat qui demande à intégrer l'armée de 
terre, il y a des filtres. On fait des enquêtes de personnalité, 
des tests physiques et psychologiques. Dans son cas, on l'a 
identifié comme non apte à être soldat et à porter une arme. On 
a considéré que ce n'était pas la peine d'aller plus loin avec 
lui", a-t-elle ajouté. 
    Selon une autre source militaire, le jeune homme, qui était 
en échec scolaire et cherchait un emploi après avoir essayé 
plusieurs voies, témoignait néanmoins de "capacités 
d'apprentissage plutôt correctes" et avait un "bon dossier".  
     
    MERAH AUSSI AVAIT VOULU REJOINDRE L'ARMÉE 
    En 2015, l'armée de terre a reçu 160.000 candidatures pour  
15.000 recrutements. 
    Mohamed Merah, l'auteur des tueries de Montauban et de 
Toulouse en mars 2012, avait lui-même tenté à deux reprises de 
s'engager dans l'armée, d'abord au sein de l'armée de terre puis 
dans la Légion étrangère. Sa candidature n'avait pas été retenue 
en raison de ses antécédents judiciaires. 
    Aucune information n'a en revanche filtré sur d'éventuels 
antécédents judiciaires de Foued Mohamed-Aggad.  
    Le jeune alsacien est parti pour la Syrie en décembre 2013 
avec son frère aîné, Karim, deux autres garçons de Wissembourg, 
et un groupe de jeunes radicalisés du quartier de la Meinau à 
Strasbourg. 
    Sept d'entre eux, dont Karim Mohamed-Aggad, ont été 
interpellés mi-2014 après leur retour en Alsace, mis en examen 
pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise 
terroriste", et placés en détention provisoire. 
    Le parquet de Paris a requis le 9 octobre dernier leur 
renvoi en correctionnelle, et un procès pourrait avoir lieu en 
2016, a-t-on appris de source judiciaire.  
    Avant son identification, le kamikaze du Bataclan faisait 
déjà l'objet d'investigations dans le cadre d'une autre enquête 
qui vise Mourad Farès, Franco-Marocain soupçonné d'avoir été 
l'un des principaux recruteurs de djihadistes français en Syrie, 
indique par ailleurs cette source. 
    Arrêté en Turquie en août 2014, Mourad Farès est incarcéré 
en France depuis septembre de la même année.  
    Son éventuel rôle dans les attentats du 13 novembre est 
examiné, selon une source proche du dossier. "Rien n'est 
négligé", dit-elle. "Mais il est en détention", souligne-t-elle. 
  
 
 (Gilbert Reilhac à Strasbourg, avec Chine Labbé et Marine 
Pennetier à Paris, édité par Gérard Bon) 
 
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