France-Lagarde mise en difficulté à son procès

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    * Lagarde dit avoir été "consternée" par l'arbitrage 
    * Un préjudice moral dont elle n'avait pas été informée 
    * La présidente s'étonne qu'elle n'ait pas réagi 
 
 (Actualisé avec citations supplémentaires) 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 13 décembre (Reuters) - Christine Lagarde a assuré 
mardi avoir été "consternée" en juillet 2008 quand la sentence 
arbitrale favorable à Bernard Tapie a été rendue, notamment en 
raison d'un préjudice moral qu'elle n'avait pas validé, à 
hauteur de 45 millions d'euros. 
    Mais la directrice générale du Fonds monétaire international 
n'a pas semblé convaincre la Cour de justice de la République 
(CJR) qui la juge pour des négligences présumées dans la gestion 
de ce dossier, sa présidente estimant qu'une telle somme aurait 
dû lui faire l'effet d'un "coup de poing dans l'estomac". 
    Le 7 juillet 2008, alors que Christine Lagarde est ministre 
de l'Economie et des Finances, un arbitrage controversé accorde 
403 millions d'euros, avec les intérêts, à l'homme d'affaires 
Bernard Tapie pour solder son litige avec l'ancienne banque 
publique Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas. Quarante-cinq 
millions lui sont alloués à titre de préjudice moral.  
    Pourtant, le compromis d'arbitrage qui avait été validé par 
la ministre des Finances, début octobre 2007, ne prévoyait pas 
une telle indemnisation.  
    Quand la sentence est prononcée, "ma réaction, c'est la 
consternation", a déclaré mardi Christine Lagarde, au deuxième 
jour de son procès. "J'ai été choquée, surprise, stupéfaite." 
    "Mais puisque vous n'avez jamais entendu parler de préjudice 
moral, pourquoi ne pas consulter vos services à ce sujet-là?", 
l'interroge alors la présidente de la Cour, Martine Ract Madoux. 
     
    FAIRE CESSER L'HÉMORRAGIE DES HONORAIRES 
    Et de souligner que le préjudice moral accordé à des parents 
pour la mort d'un enfant est de l'ordre de 30.000 à 50.000 
euros, soit bien en deçà de celui accordé aux époux Tapie, cette 
somme échappant par ailleurs à l'impôt.  
    "C'est quand même un coup de poing dans l'estomac, ça doit 
vous faire réagir", insiste la présidente. 
    "Ça n'est pas le dossier unique sur lequel je consacre toute 
mon énergie et mon temps", tente d'expliquer la patronne du FMI. 
"C'est trop tard, la sentence est rendue", ajoute-t-elle.  
    Christine Lagarde réfute toute négligence dans la gestion de 
ce dossier, et dit avoir agi avec pour seul objectif l'intérêt 
général.   
    La commission d'instruction de la CJR lui reproche "une 
décision d'entrer en arbitrage mal préparée, mal encadrée, 
malvenue" et "allant à l'encontre de l'avis répété" de l'Agence 
des participations de l'Etat (APE). Elle lui fait également 
grief d'avoir renoncé de manière "précipitée" à exercer un 
recours contre l'arbitrage. 
    Quand elle a choisi, le 28 juillet 2008, de ne pas engager 
de recours contre une sentence "excessive à bien des égards", 
c'était pour faire "cesser l'hémorragie des honoraires" et 
"mettre un terme" à un contentieux vieux de 15 ans, a assuré 
mardi Christine Lagarde devant la Cour réservée aux anciens 
ministres, composée en majorité de parlementaires. 
     
    PAS DE DÉFIANCE ENVERS SON ÉQUIPE 
    "Attendre, faire durer les dossiers, ça n'a pas été ma 
pratique", a-t-elle ajouté, estimant avoir fait "la balance 
entre les avantages et les inconvénients".  
    Mais face à elle, la présidente de la CJR et des 
parlementaires s'étonnent qu'elle n'ait pas pris connaissance de 
certaines notes alarmistes de ses services, ni relu un 
communiqué "sensible" du ministère affirmant, de manière 
erronée, que "la plus grande part de l'indemnité arrêtée par la 
sentence retournera(it) aux caisses publiques". "C'est le mode 
de fonctionnement du cabinet", se contente-t-elle de répondre. 
    Lundi, au premier jour de son procès, la banquière du monde 
n'a pas exclu d'avoir été "abusée" dans cette affaire. 
    Le PDG d'Orange  ORAN.PA  Stéphane Richard, qui était alors 
son directeur de cabinet, est soupçonné, dans le cadre de 
l'enquête principale sur l'arbitrage désormais entaché de 
soupçons de fraude, de lui avoir "dissimulé" des éléments 
"essentiels" du dossier, ce qu'il conteste. Il sera entendu 
mercredi matin.  
    "Je n'ai aucune raison à l'époque de remettre en cause la 
confiance que j'ai dans l'équipe avec (laquelle) je travaille", 
a déclaré Christine Lagarde. "Je ne sais pas travailler dans un 
rapport de défiance, j'espère que ça n'est pas de la 
négligence." 
    Pourtant, ses déclarations donnent "le sentiment profond 
(qu'elle) a été désinformée", estime une parlementaire. "Votre 
désinformation accable Stéphane Richard", ajoute-t-elle. 
    "Je ne sais pas s'il y a eu abus, et je ne sais pas quel est 
le périmètre de ceux qui ont été abusés", lui répond Christine 
Lagarde, avant d'ajouter : "Je n'ai reçu aucune instruction, ni 
du président de la République, ni du Premier ministre."  
    Mais à une sénatrice qui l'interroge sur l'éventualité 
qu'elle ait été choisie car elle venait du privé, et qu'elle 
pourrait donc privilégier la voie de l'arbitrage pour des 
questions d'efficacité, elle répond : "C'est très possible. Je 
ne me suis pas, à l'époque, posé la question du tout." 
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 

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  • mlaure13 le mardi 13 déc 2016 à 14:13

    Méfions nous de la justice trop expéditive...C’est possible qu’elle ait été abusée…quand on connait l’opacité des cabinets ministériels et devant la sentence rendue, elle se trouvait devant le fait accompli… maintenant après les faits, un peu facile de critiquer…une chose est sur et certaine, le Crédit Lyonnais de l’époque a bien spolié Bernard Tapie même si on ne le porte pas dans notre cœur… ;-)

  • M3039634 le mardi 13 déc 2016 à 13:23

    C'est le plus gros scandale de l'ère Sarkozy ! Madame Lagarde est totalement incompétente sur les questions financières, mais à son niveau de Pouvoir, elle ne peut s'exonérer de toute responsabilité, et ne peut pas demander à son Directeur de Cabinet de porter le chapeau. Qu'elle assume et qu'elle soit condamnée, ne serait que justice !