France-La vente du Rafale à l'Egypte suscite aussi des critiques

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PARIS, 13 février (Reuters) - Des défenseurs des droits de l'homme et divers responsables politiques français s'élèvent contre la vente d'avions de combat Rafale au régime du président Abdel Fattah al Sissi dont ils dénoncent le caractère répressif et l'instabilité. La France a annoncé jeudi avoir conclu avec Le Caire un accord pour la vente de 24 Rafale, d'une frégate multimissions et de missiles, pour un montant de plus de 5 milliards d'euros. ID:nL5N0VM4RX Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau de Human Rights Watch (HRW) à Paris, s'inquiète d'une "diplomatie du portefeuille" alors que la situation est "exceptionnellement dure, répressive en Egypte". "L'Egypte est peut être un allié de la France, mais un allié extrêmement encombrant avec lequel malheureusement on fait un business qui nous semble aujourd'hui hors de propos dans ce contexte", a-t-il dit sur BFM TV. "La manière dont le gouvernement de M. Sissi gère ce pays est irresponsable en matière de stabilité du pays à moyen et à long terme y compris pour la région", a-t-il ajouté, estimant que Paris pouvait attendre d'autres clients pour le Rafale. La veille de l'annonce du contrat, Amnesty international France avait estimé que la répression "sans précédent depuis trente ans" en Egypte devait "conduire la France à opposer un veto à d'éventuelles ventes d'armement à l'Égypte". "UNE HONTE" Rama Yade, ex-secrétaire d'Etat Droits de l'homme sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a également souligné sur BFM TV la dureté de la répression en Egypte. "La France, pays des droits de l'homme, ne s'honore pas avec un tel contrat", a-t-elle dit. "C'est une honte." Dans un communiqué, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) regrette "les discours d'auto-satisfaction et l'unanimisme aveugle de la classe politique". Les écologistes dénoncent "la livraison d'armes de guerre à une dictature militaire dont les violations faites aux droits de l'hommes ou les tirs à balles réelles sur des manifestants sont actuellement légion". "Lorsque l'argent parle, la France se tait", renchérit son porte-parole assène Julien Bayou. Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, s'est dite "très mitigée" sur France Info. "Est-ce que vraiment l'Egypte aujourd'hui dans la difficulté économique et sociale dans laquelle elle est, une Egypte qui, il y a une semaine n'a pas hésité à tirer sur les manifestants et notamment des personnes qui ont été au coeur de la révolution, est-ce que vraiment la priorité aujourd'hui en Egypte c'est d'acheter 24 Rafale ?", a-t-elle demandé. La responsable écologiste a par ailleurs une nouvelle fois fustigé un "ratage industriel" pour l'avion de combat polyvalent. L'Egypte est confrontée à une insurrection islamiste basée essentiellement dans la péninsule du Sinaï. Mais la répression est dénoncée par les défenseurs des droits de l'homme. (Gérard Bon, avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)


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  • audurea6 le vendredi 13 fév 2015 à 17:58

    La critique est tellement facile

  • opelin le vendredi 13 fév 2015 à 17:33

    Dans la lutte contre l'EI l'Europe (et les occidentaux en général) ne peut pas tout faire faute de moyens matériels et humains. Reste la solution de laisser faire les locaux en les aidant. Si demain on vend des armes à l'Ukraine y aura t'il autant de politiques à râler ? Si ça n'avait pas été des Rafales ça aurait été des F16, qu'aurait dit RY ?