France-La télémédecine pour soigner les plaies chroniques

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    STRASBOURG, 22 juin (Reuters) - Une plateforme de 
télémédecine dédiée à la cicatrisation des plaies complexes et 
chroniques est testée depuis six mois à Strasbourg, un outil qui 
pourrait notamment permettre d'économiser d'énormes frais de 
transport de patients souvent âgés et habitant parfois dans des 
"déserts médicaux". 
    En lien avec trois maisons de santé et un service 
d'hospitalisation à domicile, Télécical propose aux patients un 
diagnostic de leur pathologie via une télétransmission de photos 
ou une évaluation in vivo par le truchement d'un chariot de 
télémédecine, voire d'un simple smartphone. 
    "C'est un vrai problème de santé publique qui touche des 
personnes souvent âgées, souvent handicapées, souvent isolées", 
souligne Françoise Mantz, chirurgien vasculaire à l'origine de 
ce projet qui bénéficie d'un contrat de télémédecine avec 
l'Agence régionale de santé du Grand Est. 
    Les plaies complexes et chroniques sont des lésions avec 
complications, souvent liées à une autre pathologie ou à une 
immobilité (escarre), qui durent plus de six semaines et souvent 
récidivent après guérison. 
    Elles représentent, selon Télécical, 2,5 millions de 
patients en France, un milliard d'euros de dépenses en soins de 
ville et "des coûts colossaux en frais de transports, en frais 
d'hospitalisation, en antibiotiques et en antalgiques, avec un 
temps moyen de cicatrisation de 7,5 mois et un taux de rechute 
de 30%". 
    Le diagnostic à distance, auquel peuvent participer, selon 
les cas, spécialistes de diabétologie, d'infectiologie, de 
chirurgie vasculaire, orthopédique et autres podologues, permet 
de pallier l'isolement du patient mais aussi celui du médecin 
généraliste ou de l'infirmier. 
    "C'est une offre de soins plus équitable, notamment dans les 
déserts médicaux", estime Aurélien Michot, chef de projet 
télémédecine. 
    Télécical n'entend pas se muer en entreprise de santé. 
    Le projet, qui utilise des logiciels existants pour la 
télétransmission, le partage des informations et l'analyse 
d'image, est hébergé administrativement par l'Ircad, un institut 
de recherche au sein des hôpitaux de Strasbourg, qui prête 
également ses équipements de télémédecine. 
    L'objectif est, d'ici trois ans, de valider l'expérience par 
un maillage du territoire de la grande région Est, en vue de 
proposer sa généralisation aux autorités de santé. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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