France-La SNCF négocie des compensations avec le gouvernement

le
2
    * La démission de Pepy pas à l'ordre du jour, dit le 
gouvernement 
    * La CFDT, quatrième syndicat de la SNCF, fait cavalier seul 
    * La direction négocie le désendettement de la SNCF avec 
l'Etat 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 31 mai (Reuters) - La direction de la SNCF, en 
désaccord avec un compromis conclu par le gouvernement avec la 
CFDT sur un nouveau cadre social pour l'entreprise, discute de 
compensations financières avec l'Etat, a-t-on appris mardi de 
source proche des négociations. 
    Le gouvernement, engagé dans une épreuve de force avec les 
opposants à la loi Travail, dont la CGT et Force ouvrière (FO), 
s'efforce de désamorcer les conflits catégoriels. 
    Les pressions exercées sur la direction de la SNCF pour 
qu'elle accepte des concessions dans les négociations sur une 
nouvelle organisation du travail ont créé de vives tensions 
entre son président, Guillaume Pepy, et le gouvernement. 
    Au point que la SNCF a dû démentir formellement qu'il ait 
menacé de démissionner ou même remis sa démission. 
    Interrogé mardi sur ces rumeurs par des journalistes, le 
Premier ministre, Manuel Valls, a déclaré que la démission de 
Guillaume Pepy n'était "pas à l'ordre du jour".  
    "Nous sommes évidemment très attentifs à la situation de la 
SNCF, c'est le rôle de l'Etat actionnaire", a-t-il ajouté. 
    Le secrétaire d'Etat aux Transports avait aussi démenti ces 
rumeurs sur France Inter en admettant qu'il y avait eu "débat".  
    "Il ne peut pas y avoir deux stratégies. En l'occurrence, il 
y avait la nécessité pour moi d'avoir un accord d'entreprise. 
(...) J'ai souhaité qu'on accélère", a-t-il insisté. 
     
    CAVALIER SEUL DE LA CFDT 
    Selon des sources syndicales et proche des discussions, 
Alain Vidalies a repris la main samedi et négocié directement 
avec la CFDT et l'Unsa. 
    La fédération CFDT des cheminots, qui a absorbé la 
Fédération générale autonome des agents de conduite (Fgaac) a 
conclu avec lui un compromis qui maintient le statu quo actuel 
pour les conducteurs de train, notamment en matière de repos. 
    Elle a ensuite levé le préavis de grève reconductible 
qu'elle avait déposé, comme les trois autres syndicats 
représentatifs des cheminots (CGT, Unsa ferroviaire et Sud 
Rail), pour ce mardi soir. 
    Si la CFDT n'est que le quatrième syndicat de la SNCF, elle 
représente environ 30% des agents de conduite, ce qui représente 
une influence importante en cas de grève. 
    Alain Vidalies a démenti avoir négocié en l'absence de la 
direction. Lors de "Toutes les réunions qui ont eu lieu ce 
week-end, la DRH de la SNCF était présente", a-t-il dit.   
    Mais la direction de la SNCF, qui veut revoir l'organisation 
du travail dans l'entreprise pour gagner en compétitivité, dans 
la perspective de l'extension de la concurrence en Europe, est 
en désaccord avec le compromis conclu avec la CFDT. 
    "Ça a amené des échanges nourris ce week-end", souligne-t-on 
de source proche des discussions. "La position de Guillaume Pepy 
a été de dire 'si vous lâchez sur le social il faut compenser'." 
    Direction et gouvernement ont donc engagé une discussion 
censée être bouclée pour lundi sur ces compensations. 
     
    DÉSENDETTEMENT 
    L'objectif est "un deal plus global, qui permettrait à 
l'entreprise de retrouver des marges de manoeuvre pour essayer 
de gagner sur le terrain économique ce qu'elle ne pourra pas 
gagner sur le terrain social", précise-t-on de même source. 
    Selon celle-ci, les discussions avec l'Etat tournent 
notamment autour du désendettement de la SNCF, qui a accumulé 
une dette de 50 milliards d'euros. Les solutions étudiées 
pourraient prendre la forme de taux d'intérêt de faveur, de 
moratoires ou d'une reprise partielle de la dette. 
    Les discussions avec les syndicats n'en sont pas terminées 
pour autant, dit-on de source proche de l'entreprise. 
    La direction doit envoyer d'ici 24 heures aux syndicats un 
projet d'accord, qui fera l'objet d'un rendez-vous censé être 
conclusif le 6 juin, ajoute-t-on de même source. 
    D'ici-là, le gouvernement anticipe un "mouvement sérieux" de 
grève à la SNCF, alors que l'Unsa, deuxième syndicat de la SNCF, 
qui juge déséquilibré le compromis conclu avec la CFDT et doute 
de l'engagement de la direction, a maintenu son préavis de grève 
reconductible, comme la CGT et Sud Rail.   
    "On discute d'un texte qui va réguler les relations de 
travail dans l'entreprise pendant 15 ans. Il y a quand même la 
question de la pérennité de l'entreprise", a déclaré à Reuters 
le secrétaire général de l'Unsa, Luc Bérille. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Simon Carraud et Jean-Baptiste Vey, édité 
par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • serge537 il y a 11 mois

    ils veulent travailler 10 h par semaine quand ca leur convient tres courageux la cgt sncf comme tjr

  • phili646 il y a 11 mois

    Le gouvernement propose un os à ronger mais ça suffira pas !!!