France-La SNCF conteste le rapport des experts pour Brétigny

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    PARIS, 3 mars (Reuters) - La SNCF critique des incohérences 
dans l'expertise sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny 
remise en janvier aux juges d'instruction et réclame des 
analyses complémentaires, a-t-on appris jeudi auprès de son 
avocat. 
    Deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et 
Réseau ferré de France (RFF), pour homicides et blessures 
involontaires à la suite de la catastrophe, qui avait fait sept 
morts et des dizaines de blessés le 12 juillet 2013. 
    Selon le rapport d'expertise, le désassemblage progressif 
d'un bout de voie ferrée, un aiguillage de pièces complexe, qui 
n'avait "pas fait l'objet de mesures de surveillance et de 
remise en l'état adaptées" est la cause de l'accident. 
    Les experts ont établi qu'une fissure avait été détectée en 
2008 sur une éclisse, pièce destinée à assembler les éléments de 
l'aiguillage, et que trois des quatre boulons étaient cassés ou 
dévissés, de sorte qu'elle avait pivoté. 
    Mais dans un courrier aux juges, transmis par l'avocat de la 
SNCF, la compagnie ferroviaire estime toujours que le 
déraillement était "imprévisible". 
    "Nous avons fait part de nos observations", a dit Me 
Emmanuel Marsigny à Reuters, soulignant la "complexité du 
dossier".   
    Selon des extraits du document publiés par plusieurs médias, 
la SNCF estime que "le scénario des experts judiciaires fait 
apparaître un certain nombre d'incohérences et de carences". 
    La compagnie ferroviaire évoque "des erreurs" et "un 
scénario" qui "ne repose que sur des hypothèses inexactes et des 
explications inabouties ou contestables". 
    Elle affirme ainsi que les résultats des expertises du 
désassemblage successif des boulons sont "incohérents" et même 
contraires "aux lois physiques". 
    "Le déraillement du 12 juillet 2013, qui reste inexpliqué, 
est un événement inédit, imprévisible et exceptionnel", 
écrit-elle.  
    Le débat porte en particulier sur la vitesse de progression 
de la fissure découverte en 2008. Pour les experts, elle est 
lente et consécutive à un défaut de maintenance de la part de 
l'entreprise. Mais la SNCF estime qu'elle a été rapide.  
    Elle réclame en conséquence un nouveau complément 
d'expertise pour déterminer si des anomalies métallurgiques 
peuvent être détectées sur certaines pièces. 
    Trois cheminots chargés de la surveillance des voies au 
moment du déraillement ont été placés mi-janvier sous le statut 
de témoin assisté. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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