France-La SNCF anticipera l'ouverture à la concurrence

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    * Guillaume Pepy ne veut pas attendre les dates limites 
    * La SNCF veut éviter les déboires du fret ferroviaire 
    * Son président veut développer les voyages à bas prix 
 
    PARIS, 22 juin (Reuters) - La SNCF anticipera par des 
expérimentations l'ouverture à la concurrence du trafic 
ferroviaire passagers en Europe, a déclaré mercredi son 
président, Guillaume Pepy. 
    L'Union européenne a fixé des dates limites pour cette 
généralisation du transport ferroviaire : fin 2019 pour les 
lignes régionales de type TER ou Transiliens et fin 2021 pour 
les lignes à grande vitesse de type TGV. 
    "Je suis absolument certain que la France n'attendra pas les 
dates limites. Ça serait préférer une sorte de basculement 
brutal", a déclaré Guillaume Pepy à l'Association des 
journalistes économiques et financiers (AJEF). 
    "Ce qui va se passer, c'est une période d'expérimentation 
qui va consister à regarder ce que cela apporte au consommateur, 
quelle régulation il faut avoir et est-ce que le train en France 
se porte mieux avec la concurrence", a-t-il ajouté. 
    Selon lui, ces expérimentations pourraient se dérouler sur 
les années 2017-2018-2019. Il souhaite éviter les déboires du 
trafic marchandise, ouvert à la concurrence depuis 2007. 
    "On a vu dans le domaine du fret une bascule brutale : 
jusqu'à mars 2007 monopole, 1er avril 2007 mise en concurrence 
de la veille au lendemain", a-t-il rappelé.  
    "Le résultat n'est pas brillant : il n'y a pas un train de 
fret de plus en France et nous, on a perdu un tiers de notre 
marché au profit du privé", a-t-il ajouté. "C'est un échec." 
    Il estime qu'un des principaux concurrents sera l'opérateur 
internet américain Google, d'où le lancement par la SNCF d'une 
application, "ID Pass", permettant aux usagers de gérer à partir 
de leur téléphone portable leurs transports, du train au VTC en 
passant par l'Autolib ou la location de voiture. 
     
    L'OBSESSION DU "LOW COST" 
    "Si nous ne faisons pas ça, il y aura un jour un Google 
Rail", prédit Guillaume Pepy, qui se dit également "obsédé" par 
le "low cost", le train à bas prix. 
    "Je suis persuadé que le low cost va être un très grand 
succès dans le ferroviaire", explique-t-il. "Nos client se 
fichent pas mal de savoir dans quel mode de transport ils 
voyagent : ils veulent du prix, du prix, du prix, de la 
simplicité et que ça soit fluide. Après, si c'est écologique 
c'est mieux. Donc nous on ne fera jamais d'avion." 
    La SNCF a engagé il y a deux ans cette offensive commerciale 
en lançant la gamme Ouigo, qui a permis, selon l'entreprise, à 
six millions d'usagers de voyager à grande vitesse à petit prix. 
    L'objectif déclaré du lancement de cette offre est de rendre 
difficile le positionnement des futurs concurrents de la SNCF 
sur ce créneau "low cost" en France. 
    "On essaye de tirer les leçons de l'expérience d'Air France 
: il faut faire Transavia et Easyjet dès le début pour éviter 
qu'un futur Easyjet du rail vienne nous balayer", explique 
Guillaume Pepy, qui réfléchit également au lancement d'un 
produit à bas prix pour les trains régionaux. 
    Pour le reste, il estime que la Deutsche Bahn allemande et 
la Trenitalia seront probablement parmi les futurs concurrents 
de la SNCF pour les transports de voyageurs sur les grandes 
lignes, de même, sans doute, qu'une future compagnie privée. 
    Pour les déplacements de masse locaux, il a cité Transdev, 
la filiale de la Deutsche Bahn Arriva, celle des chemins de fer 
néerlandais Abellio ou l'entreprise chinoise de Hong Kong MTR. 
    "La France est un pays où il y a de très belles 
infrastructures de transports. Donc il y aura une concurrence 
très belle", a souligné le président de la SNCF. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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