France-La primaire de la droite sème la zizanie au centre

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    * Les centristes éparpillés entre candidats 
    * Le président de l'UDI encore silencieux 
    * "On n'est pas audible", selon Hervé Morin 
    * L'hypothèse d'une candidature centriste pas exclue 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 4 octobre (Reuters) - La primaire de la droite ravive 
la discorde chez les centristes, tiraillés entre les principaux 
prétendants à l'investiture présidentielle et tentés de lancer 
une candidature de secours si le résultat du scrutin, le 27 
novembre, devait leur déplaire. 
    Alain Juppé, qui soigne depuis deux ans son profil d'homme 
de consensus, bénéficie pour l'heure des meilleures faveurs 
parmi les élus du centre mais les autres écuries, y compris 
celle de Nicolas Sarkozy, n'ont pas renoncé à rallier le 
contingent encore nombreux des indécis. 
    Mardi, Hervé Morin, ministre de la Défense sous le tandem 
Nicolas Sarkozy-François Fillon, a officialisé son soutien à 
Bruno Le Maire, qui incarne à ses yeux le renouveau dont la 
France aurait besoin, entraînant avec lui "une centaine" d'élus. 
    Le président du Conseil régional de Normandie a profité de 
cette annonce pour torpiller la stratégie de l'UDI, dont il est 
pourtant un cadre en sa qualité de président du Nouveau Centre, 
composante de la principale formation centriste. 
    "On n'a pas de projet, on n'est pas audible, on n'est pas 
uni. La stratégie de l'UDI est abracadabrantesque. On commence 
par dire que 'les primaires ne nous concernent pas' puis dans un 
second temps 'on pourrait être avec Macron' et enfin 'on va 
soutenir Juppé'", ajoute-t-il. 
    A l'initiative de son président Jean-Christophe Lagarde, 
l'UDI a refusé en mars de présenter un candidat à la primaire, 
censée être celle de la droite et du centre, faute d'accord avec 
Les Républicains sur le programme et la répartition des 
circonscriptions aux législatives de 2017. 
    Le même Jean-Christophe Lagarde a invité fin septembre ses 
électeurs à se rendre aux urnes les 20 et 27 novembre.  
         
    "LE RÉSULTAT NE NOUS LIE PAS" 
    Il promet en outre de faire connaître sous peu sa préférence 
pour l'un des sept candidats en lice - six membres des 
Républicains et Jean-Frédéric Poisson, du Parti 
chrétien-démocrate, également classé à droite. 
    Selon L'Opinion, Jean-Christophe Lagarde et son homologue au 
Parti radical valoisien, autre composante de l'UDI, ont d'ores 
et déjà fait le choix d'Alain Juppé, qu'ils ont rencontré la 
semaine dernière.   
    "Les candidats doivent veiller à ce que les choses soient 
clairement posées et ne pas lancer des débats de diversion. Les 
questions liées à l'identité sont un débat de diversion", estime 
Jean-Christophe Lagarde, joint par Reuters, laissant deviner son 
peu de goût pour la campagne droitière de Nicolas Sarkozy. 
    En dépit de l'orientation donnée à sa campagne, 
l'ex-président a le soutien de l'ancien ministre Maurice Leroy, 
qui joue les agents recruteurs. Un rôle dévolu à l'ancien 
sarkozyste Yves Jégo dans le camp de Bruno Le Maire et au député 
Charles de Courson chez les "juppéistes". 
    Dernier ralliement en date pour le maire de Bordeaux, celui 
du président du groupe UDI à l'Assemblée nationale, Philippe 
Vigier.   
    "Dans le groupe, c'est très majoritairement pour Alain 
Juppé, puis Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire", explique-t-il à 
Reuters. 
     
    BAYROU VOTE JUPPE 
    Selon Jérôme Chartier, porte-parole de François Fillon, des 
parlementaires centristes s'apprêtent cependant à s'engager en 
faveur de l'ex-Premier ministre, "quatrième homme" dans de 
récents sondages. 
    Parmi les figures restées muettes, l'ex-ministre Jean-Louis 
Borloo, dont l'étoile n'a pas pâli dans la galaxie centriste, se 
borne à affirmer qu'il votera probablement en novembre mais 
refuse d'en dire plus avant plusieurs semaines. 
    L'ambivalence des centristes, désireux de jouer un rôle dans 
un scrutin auquel ils refusent de concourir, leur permet de se 
considérer libres de tout engagement et de laisser ouvertes 
toutes les hypothèses en vue de l'après-27 novembre.  
    "Le résultat de la primaire ne nous lie pas", affirme 
Laurent Hénart, président du Parti radical. 
    Le solitaire François Bayrou, soutien d'Alain Juppé, le dit 
plus franchement: si Nicolas Sarkozy devait remporter 
l'investiture de la droite, le président du MoDem se lancerait 
pour la quatrième fois dans la course. 
    Dans ce jeu à multiples inconnues, le cas Emmanuel Macron 
ajoute une autre incertitude. 
    Le profil social-libéral de l'ancien ministre de l'Economie 
séduit une large partie des centristes - exception faite de 
François Bayrou. Mais l'ex-protégé de François Hollande n'a 
encore rien dévoilé de ses intentions. 
 
 (avec Emile Picy et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • rodde12 il y a 2 mois

    J'ai voté à la primaire de gauche et je voterai aux primaires de la droite et de la gauche. pourquoi me gêner? Je soutiens le candidat que je souhaite d'un coté et je soutiens le conçurent du candidat adverse qui me gène. Ils me coutent suffisamment cher pour que je me prive de profiter de l'occasion.