France-La plainte de l'avocat d'Abdeslam n'inquiète pas Molins

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    BRUXELLES, 21 mars (Reuters) - Le procureur de Paris s'est 
dit "serein", lundi, au sujet de la plainte de l'avocat du 
djihadiste présumé Salah Abdeslam, qui l'accuse d'avoir violé le 
secret de l'instruction en divulguant des propos tenus par son 
client au cours d'un interrogatoire. 
    Au lendemain de l'arrestation de Salah Abdeslam à Bruxelles, 
François Molins a notamment affirmé samedi, lors d'une 
conférence de presse à Paris, que le jeune homme avait déclaré 
aux enquêteurs belges avoir projeté de commettre un attentat 
suicide au Stade de France, près de Paris, le 13 novembre 
dernier, avant d'y renoncer. 
    "Le Code de procédure pénal français (...) autorise le 
procureur de la République, lorsqu'il l'estime nécessaire pour 
corriger des informations parcellaires ou inexactes ou pour 
éviter des propagations de rumeurs, à rendre publics des 
éléments objectifs tirés de la procédure", a-t-il répondu lundi 
lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue 
belge, à Bruxelles. 
    "Je pense que c'est ce que j'ai fait en livrant au public 
des déclarations qui ont été faites et qui ont donc un caractère 
objectif", a ajouté François Molins. 
    "Je suis très serein sur cette question", a-t-il encore dit. 
    L'avocat belge de Salah Abdeslam, Me Sven Mary, a reproché 
dimanche au procureur français d'avoir cité des propos tenus par 
son client et annoncé son intention de porter plaine.  
    "C'est une faute et je ne peux pas la laisser passer", 
a-t-il dit à la radio-télévision belge RTBF. 
    "Il y a eu manifestement une violation du secret de 
l'instruction", a-t-il insisté un peu plus tard sur iTELE. 
  
    Salah Abdeslam, blessé par balle lors de son arrestation 
dans le quartier de Molenbeek et incarcéré samedi à Bruges, a 
été inculpé en Belgique pour son implication présumée dans les 
attentats qui ont fait 130 morts en France en novembre 2015.  
    Il fait également l'objet d'un mandat d'arrêt européen, qui 
pourrait aboutir à son transfert en France. 
    "Il y a une forte attente de la justice française et des 
victimes qu'il vienne s'expliquer", a déclaré François Molins 
lors de la conférence de presse .  
    Selon lui, la décision définitive concernant un transfert 
doit intervenir dans un délai maximum de trois mois à compter de 
la date de son arrestation, même si Salah Abdeslam conteste 
cette procédure.    
 
 (Bureau de Bruxelles, Simon Carraud pour le service français) 
 
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