France-La négociation sur l'assurance chômage prend du retard

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    * Vers une prolongation de l'actuelle convention Unedic 
    * Objectif : redresser les comptes de l'assurance chômage 
    * Medef et CGPME ont adouci leur ton sur la loi Travail 
 
 (Avec fin de la séance de jeudi, précisions, contexte) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 12 mai (Reuters) - La décision du gouvernement de 
renoncer à imposer une modulation des contributions patronales à 
l'assurance chômage en fonction des contrats de travail a levé 
l'hypothèque du Medef sur les négociations Unedic mais celles-ci 
ont pris beaucoup de retard. 
    Les organisations syndicales et patronales engagées dans ces 
négociations jugent difficile, voire impossible, d'aboutir à un 
accord sur une nouvelle convention le 14 juin, bien que cela 
reste officiellement l'objectif du Medef. 
    En tout état de cause, toutes jugent inéluctable une 
prolongation de l'actuelle convention, qui arrive à échéance le 
30 juin, pour achever les négociations, transcrire juridiquement 
un éventuel accord et obtenir l'agrément du gouvernement. 
    L'objectif est de redresser les comptes de l'assurance 
chômage, dont le déficit pourrait atteindre 3,6 milliards 
d'euros en 2016 et l'endettement dépasser 29 milliards à la fin 
de l'année, selon les prévisions de l'Unedic. 
    "Ce qu'on constate, c'est que le Medef n'a toujours pas de 
mandat pour augmenter les recettes de l'Unedic. C'est le point 
central", a déploré le négociateur de la CFE-CGC Franck Mikula à 
son arrivée au siège de l'organisation patronale. 
    Le négociateur du Medef, Jean Cerutti, a confirmé à l'issue 
de la séance que son mandat, "à ce jour", n'avait "pas bougé". 
    Le contenu du projet de loi sur la réforme du marché du 
travail, sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité 
faute de majorité, n'incite pas l'organisation patronale à être 
"plus souple", a-t-il expliqué à des journalistes. 
    Le Medef estime que ce texte n'aura pas d'impact positif sur 
l'emploi et n'est donc pas enclin à abaisser ses exigences en 
matière d'économies ou à "envisager des charges supplémentaires 
sur le travail sous quelque forme que ce soit". 
    Toutefois, prié de dire si le Medef maintenait sa menace de 
suspendre sa participation aux négociations si le projet de loi 
travail n'était pas modifié dans un sens plus favorable aux 
entreprises, Jean Cerutti a répondu : "Pas à ma connaissance." 
     
    "UNE GRANDE OPÉRATION DE THÉÂTRE" 
    Le ton des organisations patronales s'est adouci depuis que 
le gouvernement a renoncé à introduire un article imposant aux 
partenaires sociaux de moduler les contributions patronales à 
l'assurance chômage selon la nature des contrats de travail, 
pour enrayer l'inflation de contrats très courts.  
    Le Medef a certes jugé "décevant" le texte du projet de Loi 
porté par la ministre du Travail Myriam Al Khomri. Mais il note 
néanmoins que la version sur laquelle le gouvernement a engagé 
sa responsabilité répond "en partie" à ses attentes. 
    La CGPME, qui menaçait de ne pas signer un éventuel accord 
sur une nouvelle convention d'assurance chômage si l'amendement 
contrats courts était maintenu, a également crié victoire. 
    Tout en dénonçant un "échec social" et une loi "taillée pour 
les grandes entreprises", l'Union professionnelle artisanale a 
salué "certaines mesures intéressantes" comme l'adaptation des 
conditions du licenciement économique à la taille des sociétés. 
    Du côté syndical, les délégations, à l'exception de la CGT, 
se sont montrées soulagées par l'abandon de l'amendement sur la 
modulation des cotisations à l'assurance chômage. 
    "C'est un amendement qui venait impacter la négociation 
et(...) tout à fait inopportun. Et c'est heureux qu'il ait été 
retiré", a ainsi dit Véronique Descacq, de la CFDT.  
    "On va pouvoir en reparler maintenant sereinement dans le 
cadre de la négociation sur l'assurance chômage", a renchéri le 
négociateur de Force ouvrière Michel Beaugas.  
    Les partenaires sociaux se sont déjà largement saisis de la 
question des contrats de courte durée. Un argument invoqué au 
gouvernement pour justifier l'abandon de l'amendement. 
    Franck Mikula voit surtout dans les menaces du Medef et le 
coup de force du gouvernement "une grande opération de théâtre". 
    La séance de jeudi, ponctuée par une longue interruption à 
la demande de la CGT, a été essentiellement consacrée à l'examen 
de scénarios pour un nouveau mode de calcul des allocations 
chômage et à un état des lieux de la situation des seniors. 
    Outre la session du 14 juin, une séance intermédiaire est 
prévue le 30 mai. 
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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