France-La modulation des allocations familiales suscite un tollé

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* La CGT dénonce une remise en cause du principe d'universalité * L'UMP fustige une improvisation, le MoDem évoque une "erreur" * Soutien en demi-teinte d'EELV PARIS, 17 octobre (Reuters) - La modulation des allocations familiales en fonction des revenus, annoncée jeudi soir par le gouvernement, suscite un tollé dans les rangs de l'opposition et des syndicats qui dénoncent une remise en cause du principe d'universalité. Cette mesure, qui avait été un temps écartée ces dernières semaines par l'Elysée, devrait permettre de faire 400 millions d'euros d'économies en 2015 et 800 millions par an ensuite en année pleine, selon des sources gouvernementales. Obtenue par les députés socialistes, en accord avec le gouvernement, la modulation concernera 12% des familles et n'entrera en vigueur que le 1er juillet 2015 ( ID:nL6N0SB5L3 ). Dès jeudi soir, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, avait dénoncé une "remise en cause sans précédent de ce qu'on appelle l'universalité" des allocations familiales, jugeant cette mesure indécente. "C'est de l'improvisation, la ministre chargée de cela avait déclaré exactement le contraire il y a plusieurs semaines", a estimé pour sa part vendredi matin l'ancien ministre UMP du Budget, Eric Woerth, sur RTL. "Sur le fond c'est une erreur", a-t-il ajouté. "Ce gouvernement stigmatise les familles depuis son arrivée. L'année dernière c'était le quotient familial", a-t-il ajouté, en référence à l'abaissement de ce dispositif qui permet une baisse de l'impôt sur le revenu au titre des enfants à charge. Une analyse partagée par le président du MoDem François Bayrou, qui fait état d'un sentiment de "très grande injustice dans le pays". "La branche famille n'est pas en situation de déséquilibre comme les autres, elle est la garantie du fait que dans notre pays nous avons une démographie qui est meilleure que les autres, nous avons plus de naissances que les autres, nous allons avoir un peuple plus jeune que les autres", a-t-il dit sur BFM Business. "C'est un des principaux atouts de la France et s'attaquer à cette question sous cet angle il me semble que c'est une erreur". "MAUVAISE IDEE" Le gouvernement socialiste n'a aucun tabou et c'est extrêmement inquiétant, a jugé de son côté le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent. "Cette mesure qui est présentée soi-disant comme une mesure de justice met le doigt dans un engrenage très dangereux", a-t-il dit sur RFI. "Ce n'est pas une mesure de redistribution sociale parce que les 700 millions d'euros qu'on économise sur les allocations familiales vont servir à payer le pacte de responsabilité, pas du tout à aider des familles qui elles seraient plus en difficulté." Pour la présidente du FN Marine Le Pen, le gouvernement devrait plutôt s'attaquer aux allocations versées aux étrangers. "C'est une mauvaise idée, on ne fait pas les économies là ou on devrait les faire", a-t-elle dit sur Radio Classique et LCI. "Je préférerais qu'on arrête de verser des allocations familiales aux étrangers si on parle de modulation plutôt que de les baisser aux Français quels qu'ils soient même s'ils sont en situation d'avoir des revenus plus confortables que d'autres". Emmanuelle Cosse, chef de file d'Europe-Ecologie-Les-Verts, a apporté son soutien à la mesure annoncée jeudi soir par la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. "Je pense qu'objectivement c'est très difficile d'être opposé à la modulation des allocations familiales pour les revenus les plus élevés", a-t-elle déclaré sur France Info. "Je fais partie des personnes qui vont voir leurs allocations familiales baisser, je pense que de temps en temps il est normal que des personnes qui aient de revenus aisés participent", a-t-elle souligné. Emmanuelle Cosse émet toutefois des réserves sur l'utilisation des 800 millions d'euros d'économies attendues, une somme qu'elle souhaiterait allouer à la création de places de crèches. "Je regrette, on prend cette mesure de manière un peu précipitée (...) alors que ce qui était sur la table en 2012 par le candidat Hollande c'était une grande réforme fiscale", a-t-elle dit. "Le problème c'est qu'au lieu d'avoir le courage de lancer des grandes réformes (...) on est encore sur du bricolage fiscal". (Marine Pennetier, édité par Yann Le Guernigou)

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  • M8743521 le vendredi 17 oct 2014 à 11:34

    Fausse bonne idée, et vraie régression sociale à terme car encourager les naissances chez les moins aisés multipliera les enfants défavorisés et le chômage de demain . Chez les plus aisés ce sera le contraire :moins d'enfants bien formés ...ceux dont le pays a le plus besoin...car ce sont eux qui demain pourraient payer impôts taxes et créer des emplois pour les plus défavorisés!

  • frk987 le vendredi 17 oct 2014 à 10:48

    Tant mieux, plus ce genre de mesures seront prises plus les classes moyennes comprendront qu'elles se font complètement arn..aquer par le PS. Le PS n'a qu'un but : préserver son électorat de traine-lattes et préserver les avantages des zélus socialos.

  • M4905181 le vendredi 17 oct 2014 à 10:39

    Moi les allocations familiales je ne connais pas!(un enfant) Par contre je suis pour la déclaration de ces "revenus" et nous pourrions parler d'égalité car elles seraient taxées en fonction de la tranche d'imposition.Nous en avons marre de donner pour certains et prendre l'argent aux autres.solidarité oui mais il y a des limites pourquoi avoir travaillé toute une vie (50 à 55 heures semaine payées pour 35) responsabilisons les Français et soyons moins large avec les indemnités chomâge.

  • M2723293 le vendredi 17 oct 2014 à 10:27

    Arretons les bétises !!Quand ma femme touchait les allocs, elle prenait rdv chez le coiffeur.Faites un sondage.

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