France-La mobilisation contre la loi Travail s'essouffle

le , mis à jour à 20:38
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    * Des milliers de lycéens manifestent contre la réforme 
    * Des incidents en marge des cortèges 
    * A Paris, des manifestants moins nombreux que le 17/03 
    * La ministre du Travail juge le texte "équilibré" 
    * "Souplesses" pour l'entreprise, "garanties" pour les 
salariés 
 
 (actualisé avec Marseille) 
    PARIS, 24 mars (Reuters) - Le projet controversé de réforme 
du Code du travail a subi jeudi un double examen de passage, 
avec sa présentation en conseil des ministres et une journée de 
manifestations de jeunes émaillées d'incidents. 
    La mobilisation marque le pas, avec 43.000 manifestants en 
France, dont environ 5.000 à Paris, selon la police. Le syndicat 
étudiant Unef a en revanche compté le même nombre de lycéens et 
d'étudiants dans les rues que le 17 mars, soit environ 150.000, 
et noté une progression dans certaines villes, comme à Rennes. 
    Le ministère de l'Education nationale a fait état de 57 
lycées bloqués en fin de matinée sur un total d'environ 2.500 
établissements, contre 90 le 9 mars et 115 la semaine dernière.  
    "Ça montre bien la détermination des jeunes de ce pays à 
continuer à se faire entendre (face à) un gouvernement 
jusqu'au-boutiste", a déclaré le président du syndicat étudiant 
Unef, William Martinet, sur BFM TV. 
    Des débordements sont survenus en marge de la centaine de 
cortèges et rassemblements, notamment à Paris où "la police des 
polices" a ouvert une enquête après la diffusion sur internet 
d'une vidéo montrant un policier molester un lycéen.  L5N16W4QG  
    "Aucune violence, d'où qu'elle vienne, ne peut être 
tolérée", a déclaré Bernard Cazeneuve en marge d'une visite à 
Bruxelles. Le ministre de l'Intérieur a fait état de dix 
policiers blessés et de 45 interpellations parmi les 
manifestants. 
    Quinze interpellations ont été signalées à Paris, où deux  
véhicules ont été incendiés et un incendie de containers 
poubelles s'est propagé à la façade d'un établissement scolaire. 
    A Rennes, un étudiant de 24 ans a été placé en garde à vue 
pour violences à la suite d'échauffourées avec les forces de 
l'ordre en marge du cortège qui a rassemblé quelque 3.000 
personnes. A Lyon, où l'on dénombrait 1.400 personnes selon les 
autorités, les forces de l'ordre ont interpellé trois 
manifestants qui lançaient des projectiles dans leur direction. 
    A Marseille, cinq manifestants ont été interpellés pour 
"violences, dégradations et outrages à personne dépositaire de 
l'autorité publique" et un policier a été blessé. 
     
    "SUR DEUX JAMBES" 
    La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a dit sa 
"vigilance" face aux revendications des jeunes et défendu un 
"nouvel élan de la démocratie sociale" dans son texte, qui reste 
contesté malgré des modifications apportées par le gouvernement. 
    "Je reste toujours vigilante par rapport aux jeunes parce 
que c'est eux qui subissent cette hyper précarité, eux qui 
collectionnent ces CDD courts", a-t-elle dit à la presse. 
    Cette journée constituait un nouveau test intermédiaire 
avant le principal rendez-vous noté au calendrier des opposants 
les plus résolus à la réforme, la mobilisation du 31 mars 
organisée à l'appel des organisations de jeunes, mais aussi de 
la CGT ou de Force ouvrière.   
    Le projet de loi, qui entend donner plus de place à la 
négociation collective dans les entreprises et les branches 
professionnelles pour renforcer la compétitivité et développer 
l'emploi, doit maintenant être examiné par le Parlement. 
    "Ce texte marche sur deux jambes, il est équilibré : à la 
fois de nouvelles souplesses pour les entreprises, et puis de 
nouvelles protections, de nouveaux droits pour les salariés", a 
dit Myriam el Khomri à l'issue du conseil des ministres. 
    Face à la contestation, le Premier ministre, Manuel Valls, 
avait décidé de retarder de 15 jours sa présentation au conseil 
des ministres pour consulter les partenaires sociaux et amender 
le texte. 
    Ainsi, ne figurent plus dans le texte le plafonnement des 
indemnités prud'homales pour licenciement abusif, la possibilité 
pour les petits employeurs de fixer unilatéralement certaines 
règles en cas d'absence d'accord collectif et une disposition 
permettant de faire travailler plus longtemps des apprentis, sur 
simple information de l'inspection du travail. 
    Le texte commencera son cheminement au Parlement le 4 avril 
en commission pour un début d'examen en séance à l'Assemblée 
début mai et une adoption définitive prévue en juillet.  
    Un groupe d'élus socialistes frondeurs radicalement opposés 
au projet de loi et conduits par les députés Christian Paul et 
Laurent Baumel, propose une "contre-réforme" visant à créer une 
"véritable sécurité sociale professionnelle". 
 
 (Simon Carraud avec Elizabeth Pineau, Emmmanuel Jarry, Myriam 
Rivet et les correspondants de province, édité par Sophie Louet) 
 
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