France-La majorité tire à boulets rouges sur Macron

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    * Sapin le soupçonne de vouloir faire perdre la gauche 
    * L'ancien ministre "fait du neuf avec du vieux" 
    * "Un diviseur", selon Le Roux 
 
 (Actualisé avec autres commentaires) 
    PARIS, 5 octobre (Reuters) - Dépourvu de programme, sans 
originalité, potentiel fossoyeur de la gauche en 2017 : les 
ténors de la majorité ont tiré à boulets rouges mercredi sur 
Emmanuel Macron, qui entretient toujours le flou sur ses 
ambitions politiques présidentielles. 
    L'ancien ministre de l'Economie tenait meeting mardi à 
Strasbourg, où il a présenté un diagnostic sévère de l'état du 
pays tout en ciblant Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, candidats à 
la primaire de la droite pour l'élection présidentielle. 
L'ancien président a vivement répliqué.   
    A la tête de son mouvement, "En marche !", l'ex-protégé de 
François Hollande a esquissé un début de programme et proposé 
une refonte des institutions destinée à réconcilier les Français 
avec la politique.   
    Une prestation jugée sévèrement par ses anciens collègues, à 
commencer par Michel Sapin, pour qui Emmanuel Macron pourrait 
conduire la gauche à la défaite à l'élection présidentielle. 
    Le ministre de l'Economie et des Finances a même émis 
l'hypothèse selon laquelle son ex-collègue à Bercy, qui a repris 
sa liberté fin août, poursuivrait délibérément cet objectif.   
    "Evidemment, il ne peut pas gagner. Par contre, (...) il 
peut faire perdre la gauche. Peut-être est-ce son objectif", a 
déclaré Michel Sapin sur Europe 1.   
    "J'ai trouvé beaucoup de vieux (dans ce discours). C'est 
vraiment faire du soi-disant neuf avec du vieux, avec des 
paroles qu'on a déjà entendues, avec des propositions qu'on a 
déjà entendues", a-t-il ajouté.  
     
    LE FOLL DÉNONCE "LES CHAFOUINS, LES MÉLANCOLIQUES" 
    Même rhétorique chez Bruno Le Roux, le président du groupe 
PS à l'Assemblée nationale, qui a dit préférer ceux qui "sont 
dans l'action" à ceux occupés à "dépeindre la France en noir".  
    "La division fera toujours perdre la gauche et aujourd'hui 
il est malheureusement un diviseur", a-t-il lancé sur France 3 à 
propos d'Emmanuel Macron. 
    Lors du conseil des ministres, le porte-parole du 
gouvernement s'est adressé quant à lui, en vrac, à "tous ceux 
qui critiquent, à tous les comptables en robe, à tous les 
bidouilleurs, à tous ceux qui s'opposent, à tous les chafouins, 
à tous les mélancoliques, aux Gaulois et aux autres". 
    "Pendant que ceux qui parlent parlent, la France, elle se 
redresse", a ajouté ce proche de François Hollande, qui a réuni 
en début de semaine les soutiens du président, dont plusieurs 
ministres, pour un dîner au ministère de l'Agriculture.  
    La semaine dernière, un site internet baptisé "Notre idée de 
la France" a été lancé pour soutenir une candidature du 
président sortant, qui se prononcera en décembre.  
    Dans les sondages d'opinion, Emmanuel Macron obtient des 
niveaux de popularité bien supérieurs à ceux de François 
Hollande. Selon un sondage Viavoice pour Libération paru lundi, 
il apparaît au deuxième rang des présidentiables derrière Alain 
Juppé, 36% des personnes interrogées estimant qu'il ferait un 
bon chef de l'Etat.    
    L'ancien banquier, soutenu par certains milieux d'affaires, 
ne fait par pour autant l'unanimité au PS, où beaucoup lui 
reprochent son positionnement "ni à droite, ni à gauche".   
    "C'est la devanture souriante et en apparence sympathique 
d'un modèle et d'intérêts qui le sont beaucoup moins", juge dans 
L'Express le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, 
Matthias Fekl, qui vient de lancer son propre mouvement d'idées 
à gauche, "Movida".   
    De l'avis d'une députée socialiste pourtant critique envers 
le gouvernement, Emmanuel Macron "n'a aucune réalité politique". 
    "Il n'existe pas sans Hollande. Et puis il est entouré de 
gens qui ne veulent absolument pas que la gauche revienne au 
pouvoir", analyse-t-elle. "Ce qu'il n'a pas compris, c'est qu'il 
y aura des candidatures de droite et de gauche au premier tour 
de la présidentielle. Il va se crasher."  
 
 (Elizabeth Pineau, Yann Le Guernigou et Simon Carraud, édité 
par Yves Clarisse) 
 
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  • M940878 le mercredi 5 oct 2016 à 16:37

    quelle majorité ? celle à 12% de popularité ?