France-La majorité des syndicats de Smart contre le retour à 39h

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STRASBOURG, 7 septembre (Reuters) - Trois des quatre syndicats de Smart, la filiale du groupe allemand Daimler DAIGn.DE installée à Hambach en Moselle, s'opposent à un retour aux 39 heures de travail hebdomadaires, une proposition de la direction qui sera soumise au vote des salariés le 11 septembre. Seule la CFE-CGC, le syndicat des cadres, se dit prête à signer l'accord pour préserver les 800 emplois directs, 1.600 au total en comptant les sous-traitants installés sur le site d'assemblage du petit véhicule urbain à deux places. "La CFDT est d'accord pour signer les accords de compétitivité, mais quand c'est nécessaire", affirme Didier Getrey, représentant du syndicat dans l'entreprise. "C'est un peu paradoxal de nous demander de travailler plus alors qu'il n'y a pas de boulot", ajoute-t-il en évoquant les quatre vendredis qui seront chômés d'ici la fin de l'année, suivis de huit jours entre Noël et le jour de l'An. Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la direction de l'usine. L'entreprise, très discrète sur le sujet, invoque la nécessité d'améliorer la compétitivité et propose une augmentation salariale de 120 euros brut par mois, soit 6% du salaire de base, ainsi qu'une prime unique de 1.000 euros en contrepartie d'une augmentation de 12% du temps de travail. Les horaires passeraient à 37 heures au 1er octobre 2015 et à 39 heures au 1er octobre 2016 pour revenir à 35 heures en 2020. Les cadres céderaient de leur côté dix jours de RTT. Les syndicats dénoncent un "chantage à l'emploi", alors qu'une version quatre places de la Smart est produite depuis la fin de l'année dernière à Novo Mesto, en Slovénie, en partenariat avec Renault. "La direction nous dit qu'ils pourraient y faire aussi la deux places", explique Didier Getrey. La CGT et la CFTC se trouvent sur la même longueur d'onde, même s'ils ne partagent pas la même analyse de la situation. "Le but du jeu, c'est de diminuer au maximum la masse salariale pour mieux vendre l'entreprise", estime Jean-Luc Bielitz, délégué CGT, qui appuie ses dires sur un article paru en février dernier dans un magazine économique allemand de Hambourg, Manager Magazin. Daimler ne serait pas satisfait des ventes de la nouvelle Smart Fortwo, produite à 40.000 exemplaires depuis son lancement, selon le syndicaliste, pour un objectif annuel de 100.000. Emmanuel Benner, de la CFTC, juge au contraire, comme la CFDT, qu'il est beaucoup trop tôt pour évoquer la nécessité d'un plan de compétitivité. "On ne peut pas dire que la Smart se vend mal. La Chine n'est pas lancée, les Etats-Unis commencent à peine." "On a fait des efforts pour le lancement du nouveau modèle, on n'a pas été récompensés et aujourd'hui, on reçoit des menaces. C'est juste une stratégie interne pour plaire à l'actionnaire", résume-t-il. La CFE-CGC évoque pour sa part un choix difficile mais se dit prête à des sacrifices au nom de la pérennité des emplois. "Il faut essayer de mettre le maximum de chances de notre côté pour continuer à produire (en France) après 2020", estime son délégué central, Mario Mutzette. Quel que soit le résultat de la consultation de vendredi prochain, il faudra, pour valider un accord, qu'il soit signé par des organisations syndicales représentant au moins 30% des voix aux élections professionnelles. (Gilbert Reilhac, édité par Jean-Michel Bélot)


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