France-La maire de Paris défend "Tel Aviv sur Seine"

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* La ville israélienne mise à l'honneur à Paris Plages * Le projet est dénoncé par les pro-Palestiniens et la gauche * Dispositif de sécurité "adapté aux risques" jeudi PARIS, 11 août (Reuters) - Anne Hidalgo a défendu mardi l'initiative "Tel Aviv sur Seine", prévue jeudi dans le cadre de Paris Plages mais qui suscite l'ire d'associations pro-palestiniennes et d'élus de gauche sur fond de regain de tensions entre Israéliens et Palestiniens. "Je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement", écrit la maire PS de Paris dans une tribune publiée dans Le Monde daté de mercredi. "On peut condamner la politique du gouvernement (du Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahou sans punir la population israélienne et nous punir nous-mêmes en refusant tout échange permettant d'apprendre à nous connaître", ajoute-t-elle. "Au Moyen-Orient comme ailleurs, la doctrine de Paris est intangible : elle consiste à encourager plutôt qu'à réprimander, à échanger plutôt qu'à boycotter, à dialoguer plutôt qu'à excommunier." Les opposants à la tenue de "Tel Aviv sur Seine" soulignent, eux, que l'opération militaire israélienne Bordure Protectrice, il y a un an dans la bande de Gaza, a fait 2.256 morts parmi les Palestiniens, dont 1.563 civils, selon un rapport de l'Onu. Israël a perdu pour sa part 67 soldats et six civils. La tension dans la région est montée d'un cran le 31 juillet avec la mort d'un enfant palestinien de 18 mois dans un incendie allumé par des extrémistes juifs présumés en Cisjordanie. Dans ce contexte, mettre à l'honneur une ville israélienne est "indécent", a estimé la conseillère de Paris du Parti de Gauche, Danielle Simonnet. "Tel Aviv, c'est pas Copacabana. Tel Aviv, c'est la capitale d'Israël", a-t-elle dit lundi sur France Inter. "Cette opération, pour le gouvernement israélien, est une belle opération de com' que la ville de Paris lui sert sur un plateau", a-t-elle ajouté, appelant Anne Hidalgo à annuler ou à modifier la programmation de jeudi. "VILLE PROGRESSISTE" L'initiative passe également mal à Europe Ecologie-Les Verts qui dénonce "un partenariat politique inconséquent". "Nous sommes évidemment favorables aux partenariats culturels, qui sont une manière de construire un dialogue ô combien nécessaire dans cette région", écrit la coprésidente du groupe EELV à Paris, Anne Souyris, dans un communiqué. "Mais un an après les massacres de Gaza, un partenariat avec Tel Aviv le 13 août prochain apparaît comme un choix de facto politique, qui malgré le caractère ouvert sur les questions des libertés et engagé de nombre de ses habitants en faveur de la paix, cautionne de fait la politique d'Israël." Pour la maire de Paris, le choix de Tel Aviv s'est imposé naturellement pour cette année, la ville accueillant déjà depuis neuf ans la déclinaison locale de la "nuit blanche" française. "Même dans le contexte enlisé du conflit israélo-palestinien, Tel Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants", écrit Anne Hidalgo. "C'est à Tel Aviv qu'ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l'enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques. Et c'est de là-bas que, le 1er août, son oncle a pris la parole pour s'adresser à la foule venue partager sa douleur." Une pétition réclamant la déprogrammation de "Tel Aviv sur Seine" avait recueilli mardi plus de 20.000 signatures sur le site internet Avaaz.org. L'association CAPJPO-Europalestine a pour sa part appelé à manifester jeudi à Paris Plages contre "cette scandaleuse propagande". A la préfecture de police de Paris, on indique que le dispositif de sécurité prévu pour jeudi "a été adapté aux risques" sans donner plus de précisions. (Marine Pennetier, édité par Grégory Blachier)

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