France-La loi Travail ne créera aucun emploi, dit Gattaz

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    * Aucun emploi en plus et de la complexité, déplore Gattaz 
    * Valls muet sur le refus patronal sur la pénibilité, 
ajoute-t-il 
    * La protestation contre la loi Travail marque le pas 
 
 (Actualisé avec autres citations et éléments de contexte) 
    PARIS, 30 juin (Reuters) - La loi Travail ne créera aucun 
emploi et ajoutera de la complexité pour les entreprises, a 
déploré jeudi le président du Medef, Pierre Gattaz, après une 
rencontre avec le Premier ministre Manuel Valls. 
    Il a d'autre part répété que les entreprises ne pourraient 
pas appliquer les nouvelles règles sur la pénibilité. 
    Le projet de loi Travail, dont l'examen en deuxième lecture 
commencera le 5 juillet à l'Assemblée nationale, "c'est une loi 
qui ne servira strictement à rien sur l'emploi, j'en suis 
désolé, je l'ai dit au Premier ministre comme ça", a dit Pierre 
Gattaz. 
     "Cette loi ne servira pas à créer d'emplois, elle apportera 
beaucoup de contraintes (...) je suis très déçu, très 
pessimiste", a-t-il ajouté. "Tout cela n'est pas normal, tout 
cela c'est de la complexité supplémentaire, plus personne n'y 
comprend rien sur le terrain." 
    Avec toutes les modifications apportées au fil d'un débat 
parlementaire tendu par l'opposition des frondeurs socialistes 
et de plusieurs syndicats, "ça va rajouter 300 à 400 pages au 
Code du travail quand même ! On voulait simplifier !", a déploré 
Pierre Gattaz. 
    "Le problème de la France, c'est qu'il faut continuer de 
baisser ce coût du travail, cette fiscalité qui nous asphyxie  
et il faut simplifier la vie de nos TPE-PME, de nos ETI, de nos 
entreprises en général, tout le monde le dit." 
    Les sept organisations en pointe dans la contestation contre 
la loi Travail ont lancé jeudi un nouvel appel à la poursuite de 
la mobilisation mais laissent percer une forme de lassitude 
après quatre mois de bras de fer avec le gouvernement. 
    Pour la première fois depuis quatre mois la CGT, FO, la FSU, 
Solidaires, le syndicat étudiant Unef et les organisations 
lycéennes UNL et FIDL n'appellent pas à une journée de grèves et 
de manifestations.   
     
    QU'A RÉPONDU VALLS ? "RIEN", SELON GATTAZ 
    Quant à la pénibilité, "c'est une loi qu'on ne sait pas 
appliquer. Ce n'est pas qu'on ne veut pas, c'est qu'on ne sait 
pas faire", a dit Pierre Gattaz, ajoutant qu'il l'avait répété à 
Manuel Valls. "On ne sait pas l'appliquer sur le terrain, c'est 
impossible, c'est trop compliqué."   
    Prié de dire ce que le Premier ministre lui avait répondu, 
il a répondu : "Rien, il m'a écouté gentiment et puis voilà."  
    Manuel Valls avait déclaré mercredi qu'"on ne peut pas 
s'affranchir des règles et de la loi". "J'aurai l'occasion de le 
dire demain à Pierre Gattaz : chacun doit agir en grande 
responsabilité, chaque mot, chaque attitude compte aujourd'hui." 
    Le Sénat a voté mardi un projet de loi Travail réécrit dans 
un sens beaucoup plus libéral que celui sur lequel le 
gouvernement a dû engager sa responsabilité à l'Assemblée. 
    Le gouvernement entend rétablir cette version lors de la 
deuxième lecture mais Manuel Valls et la ministre du Travail, 
Myriam El Khomri, ont dit vouloir tenir compte de certaines 
craintes en proposant trois amendements, conjointement avec le 
rapporteur du texte, le député PS Christophe Sirugue. 
    Le premier, inspiré par une proposition de la CFDT, laisse 
aux partenaires sociaux le soin d'engager d'ici le 31 décembre 
2017 des négociations pour définir dans les branches les thèmes 
pour lesquels un accord d'entreprise ne pourra pas déroger à un 
accord de branche, dans tous les cas où la primauté de l'accord 
d'entreprise n'est pas spécifiée par la loi. 
    Un autre ajoute deux domaines où l'accord d'entreprise ne 
pourra pas faire moins bien que l'accord de branche, l'égalité 
hommes-femmes et la pénibilité. Le troisième associe les 
partenaires sociaux à la suite de la réécriture du Code du 
travail par le biais du Haut conseil du dialogue social. 
    
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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