France-La loi Travail à l'Assemblée, 12e journée de contestation

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    * Le gouvernement n'exclut pas un nouveau 49.3 
    * Les "frondeurs" socialistes appellent au compromis 
    * L'intransigeance n'est pas de notre côté, dit Le Guen 
    * "Des temps forts à la rentrée", avertit Martinez 
 
    PARIS, 5 juillet (Reuters) - Un compromis est encore 
possible sur le projet de loi Travail, a estimé mardi le député 
socialiste "frondeur" Christian Paul, alors que le secrétaire 
d'Etat aux Relations avec le Parlement assure que 
"l'intransigeance n'est pas du côté du gouvernement". 
    La réforme du Code du travail, objet de plus de quatre mois 
de contestation, revient mardi en nouvelle lecture à l'Assemblée 
nationale où le Premier ministre, Manuel Valls, n'exclut pas de 
recourir à nouveau à l'article 49.3 de la Constitution qui 
permet l'adoption d'un texte sans vote.   
    Dans la rue, les syndicats opposés au texte organisent leur 
12e journée d'action avec un défilé dans l'après-midi à Paris 
entre place d'Italie et Bastille. 
    "La colère reste là", souligne dans L'Humanité le secrétaire 
général de la CGT, Philippe Martinez. "Nous allons entretenir 
sous d'autres formes le climat que nous connaissons depuis 
quatre mois et nous réfléchissons très concrètement à des temps 
forts à la rentrée", prévient-il. 
    "Le gouvernement a une grosse responsabilité dans la 
perception que les Français ont de ce projet. Quand la fusée est 
mal lancée, elle ne se remet jamais droite. Et les efforts 
d'explication déployés l'ont été trop tardivement", déplore pour 
sa part dans Libération Laurent Berger, son homologue de la CFDT 
qui défend le texte. 
    Le groupe socialiste à l'Assemblée devait se réunir dans la 
matinée pour sonder l'ampleur de la fronde qui perdure dans les 
rangs de la majorité. 
    "On peut trouver un compromis", a affirmé Christian Paul sur 
iTELE. "Que le gouvernement, pour une fois au moins, s'en 
remette à la sagesse des députés de sa majorité, ça évitera 
beaucoup de tensions. Je sens bien que la tension ne va pas 
retomber s'il y a à nouveau un 49.3, si le Parlement est privé 
du droit de débattre et du droit de voter." 
     
    "IL FAUT EN FINIR" 
    Comme dans Le Monde lundi, Jean-Marie Le Guen, secrétaire 
d'Etat aux relations avec le Parlement, souligne que le 
gouvernement a fait sa part. 
    "L'intransigeance n'est pas du côté du gouvernement, nous 
attendons de savoir si après les nombreux gestes qui ont été 
faits depuis des semaines il y a une prise en considération par 
ceux qui ont un regard critique, ce que je peux comprendre", 
a-t-il dit sur France Info. 
    Le chef de file des députés socialistes s'est dit las sur 
RTL de la "guérilla parlementaire dans l'hémicycle". 
    "Aujourd'hui, ça fait bien trop longtemps qu'on débat de ce 
texte, moi je veux qu'on fasse la preuve de ce texte. Il faut en 
finir le 20 juillet", date de la lecture définitive du texte à 
l'Assemblée, a dit Bruno Le Roux. 
    Le député socialiste a dit en avoir "assez des caricatures" 
et des "idées fausses" sur le projet de loi. 
    "La dernière, c'est de dire que ce texte va empêcher le 
paiement des heures supplémentaires et la majoration des heures 
supplémentaires, c'est tout le contraire. (...) Il n'y a aucune 
suppression de majoration des heures supplémentaires", a-t-il 
assuré. 
    Plus de 120 députés socialistes ont signé un amendement "de 
compromis" visant à assurer qu'un accord d'entreprise ne puisse 
pas fixer une rémunération des heures supplémentaires inférieure 
à 25% de majoration pour les huit premières heures 
supplémentaires et à 50% pour les suivantes. 
    Le député socialiste Benoît Hamon a ne dit pas exclure une 
nouvelle motion de censure de la "gauche de la gauche". 
    Le 11 mai dernier, lors de la première lecture du texte à 
l'Assemblée, 56 députés de gauche -- contre les 58 requis -- 
avaient tenté de déposer une motion de censure. 
    "Si le gouvernement décide de refuser ce compromis, de 
passer au 49.3, nous discuterons cet après-midi", a dit Benoît 
Hamon sur France 2. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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