France-La justice suspend l'arrêté anti-burkini de Cannes

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    NICE, Alpes-Maritimes, 30 août (Reuters) - Le tribunal 
administratif de Nice a suspendu mardi l'arrêté "anti-burkini" 
pris par la ville de Cannes, comme le demandaient des 
associations de défense des droits de l'Homme, a-t-on appris 
auprès du tribunal.   
    Le juge des référés, qui avait pourtant rejeté par le passé 
des demandes similaires, a ainsi suivi la position du Conseil 
d'Etat, plus haute juridiction administrative française, qui a 
suspendu vendredi un arrêté de ce type pris par le maire de 
Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes).  ID:nL8N1B736P  
    L'arrêté de Cannes, pris le 28 juillet, interdisait l'accès 
aux plages et à la baignade à toute personne n'ayant pas une 
"tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la 
laïcité". 
    Dans l'ordonnance que Reuters a pu consulter, le juge des 
référés du tribunal administratif de Nice estime que ces 
dispositions "ne reposent ni sur des risques avérés de troubles 
à l'ordre public, ni sur des motifs d'hygiène ou de décence". 
    Elles "méconnaissent la liberté d'aller et venir, la liberté 
de conscience et la liberté personnelle, et sont propres à 
créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la 
légalité de l'arrêté", ajoute-t-il. 
    Cet été, une trentaine de maires, pour la plupart de droite, 
ont pris des arrêtés dits "anti-burkini", au nom de risques de 
troubles à l'ordre public.  
    Malgré la décision du Conseil d'Etat, des maires de 
différentes couleurs politiques ont décidé de maintenir leurs 
textes, poussant des associations à déposer des recours devant 
les tribunaux administratifs de Nice et de Toulon (Var) pour 
faire suspendre des arrêtés toujours en vigueur à Nice, Menton, 
Roquebrune-Cap-Martin et Fréjus (Var). 
    Mardi, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations 
Unies aux droits de l'Homme a appelé les autorités locales ayant 
adopté des arrêtés "anti-burkini", jugés "hautement 
discriminatoires", à "les annuler immédiatement". 
    "Ces décrets n'améliorent pas la situation sécuritaire, ils 
tendent au contraire à alimenter l'intolérance religieuse et la 
stigmatisation des personnes de confession musulmane en France", 
a-t-il écrit dans un communiqué. "L'égalité de genres ne peut 
être obtenue en limitant les libertés individuelles ou en 
réglementant les vêtements que les femmes décident de porter."  
 
 (Matthias Galante, avec Chine Labbé à Paris et Stéphanie 
Ulmer-Nebehay à Genève, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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