France-La justice refuse la remise d'une militante à l'Espagne

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    BORDEAUX, 18 octobre (Reuters) - La justice française s'est 
opposée mardi à la demande des autorités judiciaires espagnoles 
de lui remettre Émilie Martin, militante basque de nationalité 
française visée par un mandat d'arrêt européen (MAE) pour 
"participation à une organisation terroriste", a-t-on appris de 
source judiciaire. 
    La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau 
(Pyrénées-Atlantiques) a rejeté la demande du juge espagnol de 
l'Audiencia Nacional qui a émis le mandat en avril dernier, 
reprochant à Émilie Martin ses activités au sein de Herrira, une 
association considérée en Espagne comme proche d'ETA mais dont 
les activités en France de défense des prisonniers basques sont 
légales. 
    Les magistrats ont suivi les réquisitions du parquet général 
retenant, outre la légalité des actes reprochés au regard de la 
loi française, le fait qu'ils n'avaient pas été commis en 
Espagne. 
    Avant d'émettre le mandat, les autorités espagnoles avaient 
lancé une commission rogatoire internationale demandant à la 
justice française de mettre en examen Emilie Martin, ce à quoi 
le juge saisi s'est opposé, proposant seulement qu'elle soit 
entendue comme témoin. 
    Emilie Martin est la sœur d'Aurore Martin, militante basque 
visée elle aussi par un MAE qui avait été interpellée par les 
autorités françaises et remise à la justice espagnole en 
novembre 2012. Elle est la seule basque de nationalité française 
à l'avoir été à ce jour. 
    Placée en détention provisoire, Aurore Martin avait été 
remise en liberté sous caution deux mois après. Elle a été 
condamnée à l'automne 2015 à 20 mois de prison mais une 
transaction pénale lui a permis d'échapper à la prison, comme la 
trentaine d'autres prévenus dans le même procès. 
 
 (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse) 
 
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