France-La justice annule la suspension de Jean-Marie Le Pen

le , mis à jour à 16:09
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* La suspension de Jean-Marie Le Pen déclarée nulle * Le Pen, rétabli dans ses droits, pourra voter * Le FN prend acte mais fait appel PARIS, 2 juillet (Reuters) - Le tribunal de grande instance de Nanterre a annulé jeudi la décision du bureau exécutif du Front national de suspendre son fondateur, Jean-Marie Le Pen, en conflit ouvert avec sa fille Marine, qui lui a succédé à la présidence du parti. Le FN a aussitôt annoncé qu'il faisait appel de cette décision, rendue pour un motif de forme. L'ancien président du parti d'extrême droite, âgé de 87 ans, avait été suspendu début mai après avoir réitéré des propos polémiques, notamment sur les camps d'extermination nazis. Le tribunal a déclaré "nulle et de nul effet" cette délibération. "L'association Front national devra rétablir M. Le Pen dans tous les droit attachés à sa qualité d'adhérent et, le cas échéant, à celle de président d'honneur", précise-t-il dans sa décision, obtenue par Reuters. "L'incroyable éviction dont j'ai été victime annulée, je souhaite maintenant que nous avancions au plus vite vers l'union", a déclaré Jean-Marie Le Pen sur Twitter. L'avocat de l'ancien président du FN, Frédéric Joachim, a estimé que le patriarche pourrait dès vendredi "recommencer à utiliser son bureau et tous les moyens qui étaient mis à sa disposition" et "siéger dans tous les organes dont il fait partie en qualité de président d'honneur". Le vice-président du FN, Florian Philippot, bête noire de Jean-Marie Le Pen, a pris acte de cette décision. "Ça ne change rien en réalité", a-t-il déclaré sur iTELE. LE PEN APPELLE AU BOYCOTTAGE Le fondateur du FN pourra donc participer à l'assemblée générale extraordinaire par correspondance qui porte sur la rénovation du parti et de ses statuts, projet qui prévoit notamment la suppression de la présidence d'honneur. Jean-Marie Le Pen avait dénoncé une éviction politique dictée, selon lui, par l'entourage de sa fille Marine et avait appelé les adhérents à ne pas prendre part au scrutin. "D'abord il n'est pas secret, et surtout c'est un piège destiné à changer l'orientation politique du Front National", a-t-il expliqué sur son compte Twitter. Le projet de statuts adressé pour vote aux quelque 40.000 adhérents du FN est accompagné d'une lettre de Marine Le Pen qui condamne une nouvelle fois les propos de son père. "Chacun d'entre nous a été (...) le témoin navré de ce que des initiatives et des propos préjudiciables d'un président d'honneur peuvent très gravement nuire au fonctionnement de notre mouvement politique", écrit-elle. Le projet stipule que l'adhésion au FN "n'est compatible avec aucune autre appartenance à un autre parti ou groupement politique de droit ou de fait" sans l'aval du conseil d'administration. Cela exclurait de facto un retour de Jean-Marie Le Pen dès lors qu'il créerait un nouveau mouvement, comme il l'a suggéré, mais contraindrait aussi ses derniers fidèles, comme Bruno Gollnisch, à choisir entre le FN et son dirigeant historique. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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