France-La "jungle" de Calais en voie de disparition

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    * Diminution très sensible du nombre de migrants dans le 
Nord 
    * A Calais, un camp aux normes devrait accueillir 1.500 
personnes 
    * A Grande-Synthe, un camp en dur a remplacé les tentes 
 
    CALAIS, 14 mars (Reuters) - L'évacuation de la zone sud de 
la "jungle de Calais", un bidonville insalubre où s'étaient 
rassemblés des milliers de migrants dans l'espoir de passer au 
Royaume-Uni, devrait être achevée dans les jours qui viennent et 
dans le calme. 
    La situation a connu une amélioration sensible à Calais et 
dans sa région, comme à Grande-Synthe, où 1.300 migrants ont 
quitté la semaine dernière leurs abris de fortune pour gagner un 
camp aux normes internationales ouvert par la mairie et Médecins 
sans frontières (MSF) malgré l'opposition du gouvernement.    
    La partie sud de la "jungle" de Calais, dont l'évacuation a 
commencé le 29 février alors qu'elle abritait encore quelque 
3.000 personnes, était pratiquement achevée lundi. 
    "Entre les deux tiers et les trois quarts de la zone sont 
dégagés, cela représente environ 5,5 hectares déjà traités sur 
les 7,5 qui doivent l'être dans la zone Sud", a déclaré la 
préfecture du Pas-de-Calais. 
    Quelques migrants errent encore dans ce no man's land où se 
dressent les arbres sans feuilles de l'hiver, entre les abris de 
fortune démantelés, a constaté un journaliste de Reuters. 
    Il ne restait plus lundi que quelques abris occupés par des 
Soudanais qui quittent l'un après l'autre la "jungle" pour la 
zone Nord ou des centres d'accueil ailleurs en France. Sur l'un 
d'eux, la "porte" est une bâche peinte où l'on voit une fenêtre 
qui figure la mer avec, au fond, le drapeau britannique. 
    Seuls une "église", un centre juridique et un local de MSF  
restent debout dans la zone Sud, conformément à la décision du 
tribunal administratif de Lille qui a rejeté fin février le 
recours d'associations opposées à l'évacuation, tout en 
ordonnant que les "espaces sociaux" soient préservés. 
     
    BAISSE DU NOMBRE DE MIGRANTS 
    Les abris de fortune de la partie nord de la "jungle" sont 
également promis à la destruction, selon les plans des 
autorités, pour ne plus laisser à terme qu'un camp de conteneurs 
pour 1.500 personnes, déjà plein, et les tentes chauffées de la 
sécurité civile qui peuvent accueillir 450 migrants. 
    La préfecture organise des "maraudes" pendant lesquelles les 
travailleurs sociaux incitent les migrants à choisir une 
solution d'hébergement d'Etat, à savoir un des 110 Centres 
d'accueil et d'orientations (CAO) existant dans toute la France, 
ou le Centre d'accueil provisoire (CAP) de Calais.  
    Depuis le début du démantèlement, environ 250 migrants ont 
accepté de rejoindre un CAO, certains, dont le nombre est 
impossible à déterminer, ont rejoint le CAP, d'autres enfin se 
sont installés dans la partie Nord du bidonville ou ont quitté 
Calais pour rejoindre d'autres lieux proches. 
    Globalement, le nombre de migrants a considérablement 
diminué dans le nord de la France depuis son pic de décembre, 
lorsque 3.000 personnes se trouvaient à Grande-Synthe et environ 
6.000 à Calais, en raison notamment de la sécurisation du port 
de Calais et du tunnel sous la Manche, presque impénétrables. 
    Ils seraient aujourd'hui 1.300 à Grande-Synthe. A Calais, la 
préfecture parle d'un millier de personnes et les associations 
humanitaires de "plusieurs milliers". 
    Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, s'est rendu 
dans le Calaisis lundi pour y rencontrer élus locaux, dont la 
maire de la ville, Natacha Bouchart, la préfète Fabienne Buccio 
et les magistrats du parquet de Boulogne-sur-Mer. 
    Plusieurs incidents ont eu lieu ces dernières semaines. 
    Samedi, 80 militants d'un groupuscule d'extrême-droite ont 
manifesté contre la présence de migrants malgré l'interdiction 
des autorités. Quatorze d'entre eux ont été interpellés et trois 
personnes appartenant à ce mouvement devaient comparaître lundi 
devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-mer lundi pour 
avoir organisé des expéditions punitives. 
    Il y avait déjà eu plusieurs vagues d'interpellations 
d'individus soupçonnés d'agressions sur des migrants. 
 
 (Pascal Rossignol, avec Pierre Savary, édité par Yves Clarisse) 
 
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