France-La jeunesse de gauche veut faire plier Hollande

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    * Les organisations de jeunesse veulent accentuer la 
pression 
    * Une première journée de mobilisation prévue le 9 mars 
    * S'il prend de l'ampleur, un mouvement difficile à arrêter 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 1er mars (Reuters) - Plus d'une vingtaine 
d'organisations de jeunes ancrées à gauche ont réaffirmé mardi 
leur volonté de faire plier le gouvernement et d'obtenir le 
retrait du projet de réforme du Code du travail, une 
mobilisation périlleuse pour le gouvernement. 
    Des syndicats étudiants Unef et Solidaires à "SOS racisme" 
ou "Osez le féminisme" en passant par les jeunes communistes, le 
Nouveau parti anticapitaliste (NPA), les organisations 
lycéennes, les Jeunes écologistes, le Mouvement des jeunes 
socialistes (MJS), la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) ou les 
Jeunes CGT, elles affichent le même credo. 
    "A travers le projet de la loi travail, le gouvernement 
vient de déclencher une guerre sans précédent contre les jeunes 
et les salariés", lit-on dans leur communiqué commun.  
    Pas question de se contenter du report de 15 jours de 
l'examen du texte, annoncé lundi par le Premier ministre, Manuel 
Valls, ont déclaré mardi à la presse leurs représentants, qui 
réclament le retrait pur et simple du texte. 
    "Ce qui s'est levé depuis quelques jours, c'est la 
coagulation de toute les colères accumulées depuis l'élection de 
François Hollande", a expliqué Guillaume Loïc (NPA). 
    Marthe Corpet, trésorière de l'Unef, voit dans le report un 
symptôme de "fébrilité" du gouvernement face à l'opposition des 
syndicats, d'une partie de la gauche et de la jeunesse. 
    "Le rapport de force se construit. Nous n'allons pas nous 
arrêter là. Nous souhaitons continuer la mobilisation jusqu'au 
retrait", ajoute-t-elle. "Nous refusons la précarité à vie." 
     
    LE MJS CONTRE LA LOI EL KHOMRI 
    Ces organisations ont maintenu une journée de mobilisation 
nationale le 9 mars, date initialement prévue pour l'examen du 
texte en conseil des ministres, avec notamment un rassemblement 
place de la République à Paris, et annoncent des assemblées 
générales en amont dans les universités. 
    La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) 
appelle pour sa part les lycéens à sortir le 9 mars les tables 
de leurs classes pour les mettre devant leurs établissements. 
    Parmi les intervenants le président du MJS, Benjamin Lucas, 
a affiché un sourire crispé quand on lui a demandé comment il 
conciliait cet engagement avec son appartenance au PS. 
    Ce militant dont l'engagement remonte au mouvement de 2006 
contre le contrat première embauche (CPE) admet qu'il y a "plus 
agréable" que faire campagne contre sa propre famille politique. 
    "Je suis très malheureux d'avoir eu en deux mois de 
présidence des jeunes socialistes à faire campagne contre la 
déchéance de nationalité et une réforme du droit du travail qui 
heurte ce pourquoi je me suis engagé", confie-t-il à Reuters. 
    "Mais ce serait encore plus douloureux de se taire", ajoute 
Benjamin Lucas, selon qui une "très large majorité" du MJS est 
en faveur du retrait du projet de loi. 
     
    RISQUES 
    Quatre ans après avoir contribué à faire élire à la tête de 
l'Etat François Hollande, qui avait fait de la jeunesse une 
priorité, ces organisations s'apprêtent à lancer un mouvement 
qui, s'il prend de l'ampleur, sera difficile à arrêter. 
    "Ça serait tout à fait redoutable, avec ou sans le soutien 
des syndicats de salariés", estime Jérôme Fourquet, de 
l'institut de sondage Ifop. "Tout pouvoir est très attentif à ce 
type de mouvement difficile à canaliser, qui donne une image 
négative et peut déboucher sur des dérapages." 
    Sans remonter à Malik Oussekine, victime de la répression 
d'une manifestation contre un projet de réforme des universités 
en 1986, la mort de Rémi Fraisse, jeune opposant au barrage de 
Sivens (Tarn), lors d'affrontements avec les forces de l'ordre 
en octobre 2014, rappelle que ce risque reste bien réel. 
    Parmi les militants présents à la conférence de presse de 
mardi, certains se sont aguerris dans l'opposition au projet 
d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. 
    Du point de vue de l'exécutif, le risque sera maximum si la 
protestation des jeunes converge avec des mouvements déclenchés 
par les syndicats de salariés. 
    "Ça ferait un cocktail assez détonant", souligne Jérôme 
Fouquet, selon qui les 800.000 signatures recueillies par la 
pétition lancée sur interne contre la loi El Khomri montre qu'un 
"potentiel" de mobilisation existe. 
    Les unions régionales d'Ile-de-France de la CGT, de Force 
ouvrière (FO), de la FSU et de Solidaires ont lancé un appel à 
manifester le 9 mars devant le siège du Medef et le ministère du 
Travail. La CGT, l'Unsa, Sud-Rail, FO et la CFDT ont pour leur 
part déposé un préavis de grève à la SNCF pour ce jour-là.    
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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