France-La hausse du budget de la défense jugée inéluctable

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    * Valls juge l'objectif de 2% de PIB en 2024 atteignable 
    * "C'est l'objectif vers lequel il faut tendre"-Le Drian 
    * L'état-major estime que c'est le "prix de la paix" 
 
    par Marine Pennetier 
    PARIS, 6 septembre (Reuters) - La hausse du budget de la 
défense a été jugée inéluctable par les militaires et les 
politiques mardi, au deuxième jour de l'université d'été de la 
Défense à Paris, sur fond de menace sécuritaire "durable" et de 
militaires fortement sollicités par les différents théâtres 
d'opération. 
    La France, qui s'est engagée avec les autres membres de 
l'Union européenne à porter le budget militaire à 2% de son 
produit intérieur brut (PIB) en 2024 contre 1,78% actuellement, 
a révisé à deux reprises à la hausse la loi de programmation 
militaire depuis les attentats de janvier 2015. 
    Le budget défense, qui a été augmenté de 600 millions 
d'euros en 2016 à 32 milliards d'euros, augmentera encore de 700 
millions d'euros en 2017. Parallèlement, le chef de l'Etat 
François Hollande a annoncé qu'il n'y aurait plus de diminution 
d'effectifs dans la défense jusqu'en 2019. 
    "Nous n'avons pas le choix sur l'effort en matière de 
sécurité et de défense", a souligné Manuel Valls lors de 
l'université de la Défense. "C'est vrai que la dépense publique 
dans notre pays est particulièrement élevée mais (...) la menace 
est là et durable et il nous faut investir beaucoup en matière 
de sécurité, de protection des Français, comme il nous faut 
investir beaucoup dans la lutte contre la radicalisation". 
    L'objectif 2% du PIB pris auprès de l'Otan "est 
atteignable", a-t-il poursuivi. "Dans les dix ans qui viennent 
les niveaux d'engagements financiers et humains pour les 
ministère des l'Intérieur et de la Défense ira croissant. Vu la 
menace extérieure, cet effort devra se poursuivre." 
    Quelles que soient les circonstances et les difficultés 
économiques rencontrées, la "France ne doit pas renoncer à 
disposer de l'éventail complet des moyens militaires nécessaires 
à sa sécurité, à son indépendance politique, à son autonomie 
stratégique", a souligné pour sa part le ministre de la Défense 
Jean-Yves Le Drian.     
     
    "PRIX DE LA PAIX" 
    L'objectif des 2% du PIB a été réaffirmé en juillet lors du 
sommet de l'Otan à Varsovie. Dans les rangs des parlementaires,  
on reconnaît que, dans un contexte budgétaire serré, l'effort 
sera "colossal" et que les débats seront vifs. 
    "Augmenter les crédits de budget défense, je suis lucide, 
cela représente un effort colossal pour des finances publiques 
exsangues", a souligné Jean-Pierre Raffarin, président de la 
commission de la Défense du Sénat. "Nous savons que ce sera 
évidemment complexe, qu'il y aura des oppositions, qu'il faudra 
une volonté politique et un grand courage, cela nécessitera des 
choix extrêmement ambitieux".  
    L'enjeu est de taille, souligne-t-on à l'état-major des 
armées. 
    "Le modèle d'armée d'aujourd'hui est le bon mais il s'use", 
indique le chef des armées françaises, le général Pierre de 
Villiers. "L'analyse de la menace durable et l'ennemi que nous 
avons devant nous me fait dire que ça va être durable et que 
cela ne va pas diminuer". 
    La hausse du budget permettrait de "boucher les trous 
capacitaires", de respecter le contrat opérationnel des armées 
et de financer le renouvellement de la dissuasion nucléaire. 
    "Ça, ça coûte", souligne-t-il. "C'est ce que j'appelle le 
prix de la paix, c'est l'effort de guerre et nous n'avons pas le 
choix, nous sommes en guerre".  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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