France-"La gauche du réel c'est moi", dit Manuel Valls

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    * Valls se pose en concurrent de Macron 
    * Il presse Hollande d'adresser un signe sur ses intentions 
    * Le chef de l'Etat prononce un discours attendu jeudi 
 
    PARIS, 6 septembre (Reuters) - Manuel Valls a affirmé mardi 
qu'il incarnait "la gauche du réel", label revendiqué par 
l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, et invité François 
Hollande à indiquer dès cette semaine un "cap" pour l'élection 
présidentielle de 2017. 
    Emmanuel Macron a démissionné la semaine dernière pour se 
consacrer à son mouvement "En Marche !" dans la perspective de 
cette échéance, pour laquelle il apparaît comme un rival 
potentiel du chef de l'Etat, voire du Premier ministre. 
    "Emmanuel Macron parle de la gauche du réel, de la gauche 
sociale réformiste qu'il veut incarner", a déclaré le chef du 
gouvernement sur RTL.  
    "Mais cette gauche du réel, cette gauche sociale réformiste, 
cette gauche qui assume les responsabilités dans l'exercice du 
pouvoir, c'est moi, par rapport parfois à une gauche qui tourne 
le dos au projet européen, qui est irréaliste sur le plan 
économique ou qui a une autre conception de la laïcité." 
    Manuel Valls a souligné qu'il défendait depuis des mois, 
voire des années, l'idée du "dépassement" du Parti socialiste. 
    "Et dans la décomposition politique d'aujourd'hui, la 
déconstruction des formations politiques, on a besoin de ce 
dépassement", a-t-il ajouté. 
    Il a également fait valoir qu'il ne "cessait" de dire qu'il 
fallait un rassemblement face "au bloc réactionnaire incarné par 
une partie de la droite et de l'extrême droite". 
    Mais il a estimé que l'histoire de la gauche française 
devait être le socle de ce rassemblement. 
    "On ne coupe pas avec cette histoire, il faut rassembler sa 
famille politique, il faut rassembler la gauche mais il faudra 
aller bien au-delà", a-t-il déclaré. 
     
    HOLLANDE PRESSÉ DE DONNER UN SIGNE 
    Si Emmanuel Macron "a le droit d'avoir ses idées", a-t-il 
poursuivi, "il n'y a pas de voie possible en dehors de cette 
famille politique, même si elle doit se dépasser". 
    Il a averti son jeune ancien ministre qu'il ne pourrait pas 
aller contre l'histoire de la gauche et contre les femmes et 
hommes de gauche, même s'ils sont "parfois déboussolés" ou 
"perdus", mais à qui il faut "offrir un chemin". 
    Manuel Valls a émis l'espoir que François Hollande serait 
celui qui tracerait ce chemin. Il a invité le chef de l'Etat à 
en donner rapidement des signes, si possible dès le discours 
très attendu qu'il prononcera jeudi à la Fondation Jean Jaurès 
sur la démocratie et le terrorisme. 
    Le chef de l'Etat aura alors "l'occasion de donner du sens 
(...), de montrer qu'un autre quinquennat avec la gauche est 
possible, à condition de dire pourquoi et de donner du sens", a 
estimé le Premier ministre, pour qui Emmanuel Macron a sa place 
dans cette démarche. 
    "On ne s'improvise pas candidat à l'élection présidentielle, 
c'est une fonction majeure et on ne peut pas la préparer en 
divisant", a-t-il dit à l'adresse de l'ex-ministre. 
    "C'est pour ça que je pense que (...) François Hollande 
(...) est le plus à même de faire cela", a-t-il ajouté. "Ça sera 
à lui de le dire, ça sera à lui de dire pourquoi il faut un 
nouveau quinquennat." 
    François Hollande a certes "donné rendez-vous aux Français" 
en décembre, pour leur dire s'il brigue un deuxième mandat et 
participera à la primaire de la gauche. "Mais je crois qu'il 
faut qu'il indique le cap dès jeudi", a conclu Manuel Valls. 
    D'autres responsables socialistes proches du chef de l'Etat, 
comme le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno 
Le Roux, ont pressé ces derniers temps le chef de l'Etat 
d'adresser aux Français un signal sur ses intentions, face à 
l'accélération du calendrier politique en cette rentrée. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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