France-La FNSEA dénonce les "discours de façade" des distributeurs

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    PARIS, 28 février (Reuters) - Le président de la FNSEA, 
Xavier Beulin, a dénoncé dimanche les "discours de façade" des 
dirigeants de la grande distribution à la veille de la fin des 
négociations commerciales annuelles, qui se tiennent dans un 
contexte de vives tensions et de guerre des prix.  
    "J'entends depuis plusieurs jours des patrons d'enseignes, 
la main sur le coeur, qui viennent gentiment derrière les 
caméras nous expliquer que tout va bien, qu'eux-mêmes vont 
prendre leurs responsabilités", a dit le président du principal 
syndicat agricole au Grand Rendez-Vous (Itélé, Le Monde et 
Europe 1). 
    "Quand nous voyons les acheteurs sur le terrain en ce moment 
même, (...) c'est quoi la demande de la grande distribution? 
Entre moins 4% et moins 8% sur tous les produits alimentaires", 
a-t-il ajouté.  
    "Est-ce qu'on peut tenir un discours de façade devant les 
caméras, est-ce qu'on peut avoir une attitude aussi 
détestable?".  
    Les agriculteurs français, en particulier les éleveurs de 
bovins et de porcs et les producteurs laitiers, protestent 
depuis plusieurs mois contre des cours trop bas, inférieurs aux 
coûts de production.  
    Les éleveurs souhaitent notamment que les grands 
distributeurs s'engagent à respecter un prix équitable reversé 
au producteur et ils accusent les industriels de ne pas jouer le 
jeu de la transparence sur la répartition des marges.  
    Dans ce contexte tendu, la visite de François Hollande au 
salon de l'agriculture samedi a été mouvementée  
 ID:nL8N1660DQ .  
    Les mesures récemment annoncées par le gouvernement, 
notamment la baisse des cotisations sociales pour le monde 
agricole, n'ont pas réussi à apaiser la colère de certains 
agriculteurs, qui ont accueilli le chef de l'Etat avec des 
sifflets, des appels à la démission et des insultes.  
    "Je présente des excuses au nom des noms qui ont été 
prononcés à l'égard du président", a déclaré Xavier Beulin. "Ça 
n'est pas respectable, ni pour la fonction, ni pour la 
personne".  
    "En revanche, les mouvements qui ont eu lieu tout au long du 
parcours du président c'était tout simplement l'expression d'une 
colère, d'un désespoir", a-t-il souligné, avant d'appeler au 
calme avant la visite du Premier ministre, Manuel Valls, prévue 
lundi.  
 
 (Marine Pennetier, édité par Marc Angrand) 
 
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