France-La fille de Robert Boulin veut une reconstitution

le
1
    * Deux témoins accréditent la thèse de l'assassinat 
    * Un médecin dit qu'il n'avait pas la position d'un noyé 
 
    PARIS, 8 juin (Reuters) - La fille de Robert Boulin, le 
ministre du Travail gaulliste retrouvé mort en 1979 dans un 
étang de la forêt de Rambouillet, près de Paris, réclame une 
reconstitution après l'audition de nouveaux témoins accréditant 
la thèse de l'assassinat.  
    Trente-six ans après sa mort, la justice avait décidé en 
août 2015 de rouvrir le dossier Robert Boulin pour "arrestation, 
enlèvement et séquestration suivi de mort ou assassinat", alors 
qu'une première enquête avait conclu à un suicide. 
    Le procureur de la République de Versailles avait toutefois 
prévenu que cette réouverture ne préjugeait pas de la "réalité" 
d'éléments nouveaux, car il s'agit de la conséquence directe 
d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par 
Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de l'ancien ministre. 
    Mais selon les informations de 20 Minutes et France Inter, 
les premiers témoins entendus par une juge d'instruction de 
Versailles, jamais convoqués durant la première enquête, 
penchent pour un assassinat.  
    Un médecin réanimateur, qui s'était immédiatement rendu sur 
place à l'époque, dit avoir vu la dépouille du ministre flottant 
encore dans un coin de l'étang, où il y a de la vase, à "5-6 
mètres de la berge" et "où ce n'est pas profond du tout". 
    Il décrit des blessures sur le corps du ministre, avec un 
visage hors de l'eau, "ce qui n'est pas courant pour un noyé". 
    "On avait l'impression qu'il avait été placé mort dans 
l'eau, parce qu'il n'avait pas la position d'un noyé dans l'eau 
(...) On aurait dit qu'il sortait d'une malle", a-t-il dit. 
     
    "SA MORT A ETE MISE EN SCÈNE" 
    Toujours selon 20 Minutes et France Inter, un autre témoin 
disant avoir croisé Robert Boulin juste avant sa mort, affirme 
qu'il était accompagné de deux personnes dans son véhicule. La 
radio avait déjà révélé l'existence de ce témoin en 2013.  
    "Ces témoins n'avaient jamais été entendus. Ils n'ont aucun 
parti pris et ils nous apprennent deux choses de façon claire. 
D'abord que mon père a été assassiné. Et surtout que sa mort a 
été mise en scène", estime Fabienne Boulin-Burgeat. 
    Dans les années 1980, la famille Boulin avait déposé plainte 
pour homicide volontaire et un non-lieu avait été rendu en 1991, 
confirmé un an plus tard par la cour de cassation. 
    Mais Fabienne Boulin-Burgeat a déposé en 2015 une ultime 
plainte auprès de la doyenne des juges de Versailles, se basant 
notamment sur le témoignage révélé par France Inter.  
    "Je demande maintenant officiellement une reconstitution des 
faits sur la mort de mon père. Cela n'a jamais été fait en 
trente-six ans. Or, cela permettrait de montrer l'impossibilité 
de la thèse officielle du suicide", dit-elle dans les médias qui 
ont révélé l'information. 
    Neuf fois ministre sous la Ve République, Robert Boulin 
était, à l'époque, pressenti comme successeur potentiel de 
Raymond Barre comme Premier ministre. 
    Courant octobre 1979, il avait été visé par une campagne de 
dénigrement au sujet d'une éventuelle acquisition irrégulière 
d'un terrain sur la commune de Ramatuelle (Var). 
    Trois heures avant sa mort, Robert Boulin avait envoyé à des 
proches 14 exemplaires d'une lettre dactylographiée motivant son 
prochain suicide par l'affaire de Ramatuelle. Sa fille met 
toutefois en doute l'authenticité de cette lettre. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • 23425c il y a 6 mois

    Un jour où l'autre la vérité éclatera ,à mon avis.R.Boulin a probablement été assassiné et son meurtre commandité maquillé en suicide car il s'apprêtait sans doute à faire des révélations qui dérangeait quelqu'un de cette époque , le fait que la justice des années 80 et 90 jusqu'en 2010 ait refusé de rouvrir son procès cache quelquechose. Il faut trouver qui tirait les ficelles entre les années 80 et 2010 et on trouvera le ou les coupables.