France-La femme qui a dénoncé Abaaoud s'estime oubliée par l'Etat

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    * Le "témoin protégé" demande à l'Etat de tenir ses 
promesses 
    * Cazeneuve estime que l'Etat fait ce qu'il faut 
    * Abaaoud lui aurait dit être rentré en France avec 90 
djihadistes 
 
    PARIS, 4 février (Reuters) - La jeune femme qui a dénoncé 
Abdelhamid Abaaoud, le chef opérationnel présumé des attaques du 
13 novembre, et a permis d'éviter de nouveaux attentats, affirme 
ne pas se sentir suffisamment aidée et protégée par l'Etat. 
    Ce "témoin protégé", qui s'est confié à la radio RMC, 
confirme le témoignage qu'elle avait fait aux enquêteurs sur sa 
rencontre avec le djihadiste et dont des extraits avaient été 
publiés fin novembre par Valeurs actuelles. 
    La jeune femme, qui était une amie de longue date d'Hasna 
Aït Boulahcen, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud, morte comme le 
djihadiste lors de l'assaut de la police à Saint-Denis, raconte 
avoir été présente au moment de leur rencontre. 
    Rebaptisée "Sonia" par la radio, elle dit vivre très mal la 
précarité qu'impose sa situation, avec notamment de fréquents 
changements d'adresse et l'impossibilité de contacter ses 
proches, et réclame un dédommagement financier et moral. 
    "Moi ce que je leur demande, c'est de prendre en compte tous 
les désagréments qu'ils m'ont causé. Toutes les dépenses que 
j'ai effectuées. On nous a parlé de soutien psychologique, 
jusqu'à l'heure d'aujourd'hui, j'ai pas vu de psychologue", 
explique-t-elle. 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a réfuté que 
l'Etat ait "oublié" celle qui a joué un rôle fondamental dans la 
traque d'Abdelhamid Abaaoud.  
    "J'estime que nous faisons ce qu'il faut dans un contexte 
extrêmement compliqué compte tenu du sujet et nous le faisons de 
façon extrêmement responsable", a-t-il dit sur RTL.  
    "Je pense que tous ceux qui diffusent des interviews et qui 
font du bruit sur ce sujet-là plutôt que de traiter discrètement 
cette question comme nous nous employons à le faire lui font 
prendre un risque", a-t-il ajouté. 
     
    90 DJIHADISTES AVEC ABAAOUD ? 
    "Sonia" avait téléphoné à la police après avoir entendu 
Abdelhamid Abaaoud se vanter d'avoir participé au commando qui a 
mitraillé des terrasses à Paris et annoncé son intention de 
commettre d'autres attentats, notamment à la Défense. 
    "Il est fier de lui, on dirait qu'il n'a peur de personne, 
que c'est un surhomme. Il raconte ça comme s'il racontait qu'il 
est parti faire les courses et qu'il avait trouvé un baril de 
lessive en promotion", raconte-t-elle. 
    Elle confirme que le coordinateur présumé des attentats a 
assuré être rentré en Europe au milieu de réfugiés syriens avec 
des dizaines de djihadistes irakiens, français, allemands et 
britanniques. "Il me dit qu'ils sont rentrés à 90, et qu'ils 
sont un peu partout en Ile-de-France", confirme-t-elle. 
    Dans son témoignage à la police, "Sonia" expliquait 
qu'Abdelhamid Abaaoud se serait vanté, le dimanche 15 novembre, 
d'être sur le sol français depuis "deux mois". 
    Moquant François Hollande, il aurait dit avoir profité du 
flux de réfugiés pour rejoindre l'Europe. Et d'ajouter : "La 
France, zéro." 
    Le djihadiste aurait aussi prévenu que d'autres attentats 
étaient en préparation "pour les fêtes", "qu'ils feraient pire 
dans les quartiers proches des juifs, et qu'ils feraient 
diversion dans les transports et les écoles".  
 
 (Gérard Bon, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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