France-La facture énergétique réduit le déficit commercial

le
0

* Nouveau recul du déficit grâce à la baisse du pétrole * Le déficit hors énergie et matériel militaire s'est creusé * Un net rebond des exportations attendu en 2015 (Actualisé avec éléments complémentaires) PARIS, 6 février (Reuters) - Le déficit commercial de la France s'est réduit de 7 milliards d'euros en 2014 pour revenir à 53,8 milliards, le niveau le plus faible depuis 2010, grâce à l'allègement de la facture énergétique lié à la météo et au recul des prix du pétrole. Cette baisse de 11% du déficit, la troisième consécutive depuis le record de 2011 (-74,5 milliards), est comparable à celles de 2013 (-6,5 milliards) et de 2012 (-7,2 milliards). Avec la douceur des températures et la chute des cours du pétrole depuis l'automne, la facture énergétique a reculé de près de 11 milliards d'euros, selon les chiffres publiés vendredi par les douanes. Mais le déficit hors énergie et hors matériel militaire s'est fortement dégradé, à 16,7 milliards, soit une hausse de 4,3 milliards (35%), alors qu'il avait reculé les deux années précédentes. Celui des seuls produits manufacturés s'est creusé de 2 milliards d'euros. "La situation reste très dégradée", a déclaré le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, lors d'un point de presse, expliquant la hausse du déficit hors énergie notamment par des performances moins importantes de secteurs excédentaires comme l'industrie pharmaceutique et l'agroalimentaire. Les échanges de services, qui ne sont pas comptés dans le déficit commercial, devraient enregistrer un excédent d'environ 16 milliards d'euros en 2014 et le négoce international un excédent de 20 milliards, a-t-il dit, soit l'équivalent des deux tiers du déficit des échanges de biens. Les exportations sont restées quasi stables (+0,1%) en 2014, à 437 milliards d'euros, grâce à une meilleure fin d'année, et les importations ont reculé de 1,3%, à 491 milliards. REBOND ATTENDU DES EXPORTATIONS EN 2015 Les secteurs ayant particulièrement contribué à la croissance des exportations sont l'aéronautique (+2,5%), les produits chimiques, parfums et cosmétiques (+2,5%) et l'automobile (+1,6%). L'excédent de la pharmacie a fortement reculé, passant de 4,6 à 1,9 milliard d'euros, les exportations reculant de 4,9% du fait d'une forte concurrence internationale et de l'arrivée à terme de brevets. Les importations ont progressé de 4,9%, en raison notamment des nouveaux traitements contre l'hépatite C. L'agroalimentaire a vu son excédent passer de 11,2 à 9,1 milliards d'euros, en raison de la baisse des prix des céréales (10%) et d'une moins bonne récolte. En 2015, les exportations françaises devraient rebondir de 4,2% selon la Commission européenne et de 3,5% selon l'OCDE. Matthias Fekl a souligné la persistance de difficultés structurelles à l'export, au premier rang desquelles un manque de diversité. Les 1.000 premiers exportateurs français concentrent 70% des exportations, a-t-il dit, et la France ne compte que 121.000 entreprises exportatrices alors qu'elles sont deux fois plus nombreuses en Italie et trois fois plus en Allemagne. Sur dix primo-exportateurs, seul trois sont encore présents à l'export l'année suivante et un seul trois ans plus tard, a-t-il déploré. "Ce chiffre ne me paraît pas normal, en Allemagne les chiffres sont bien meilleurs", a-t-il dit, l'expliquant notamment par des choix géographiques pas toujours pertinents. La baisse de l'euro face au dollar devrait soutenir les exportations françaises cette année ainsi que l'amélioration de la compétitivité des entreprises liée à la baisse du coût du travail décidée par le gouvernement, a-t-il ajouté. "Les chiffres de notre commerce extérieur dépendent d'abord de la compétitivité globale de notre économie", a-t-il dit. Sur le seul mois de décembre, le déficit commercial est ressorti à 3,44 milliards d'euros contre 3,1 milliards en novembre. Pour décembre, les Douanes font état d'une hausse de 1,8% des exportations à 37,9 milliards d'euros, un plus haut depuis avril 2013, contre 37,2 milliards en novembre. Les importations ont progressé pour leur part de 2,6% à 41,4 milliards. Les ventes d'Airbus (36 appareils) ont représenté 2,96 milliards d'euros sur le mois contre 2,8 milliards en novembre (36 appareils). Les indicateurs français en temps réel ECONFR Les indicateurs de la zone euro en temps réel ECONEZ LE POINT sur la conjoncture française ECO/FR (Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant