France-La droite s'efforce de mettre ses querelles en sourdine

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    * Des appels multiples à l'unité avant la primaire 
    * Mais pas de photo de famille 
    * Des allusions railleuses dans les discours 
    * Sarkozy refuse un "code de bonne conduite" 
 
 (Actualisé avec autres déclarations, contexte) 
    par Simon Carraud 
    LA BAULE, Loire-Atlantique, 4 septembre (Reuters) - Les 
orateurs de la droite se sont efforcés ce week-end d'afficher le 
visage d'une famille unie lors de l'université de rentrée des 
Républicains à La Baule (Loire-Atlantique), conclue par une mise 
en garde de Nicolas Sarkozy contre le risque d'une dislocation 
de son camp avant l'élection présidentielle de 2017.   
    Pour autant, les principaux candidats à la primaire n'ont 
pas posé sur la même photo et ont pour certains glissé des 
allusions à leurs rivaux, sans toutefois prononcer de phrases 
susceptibles d'attiser les hostilités. 
    Dimanche, Nicolas Sarkozy a invoqué les exemples des 
"affrontements suicidaires" entre Jacques Chirac et Valéry 
Giscard d'Estaing dans les années 1980 et entre Jean-François 
Copé et François Fillon en 2012, qui ont selon lui laissé une 
image déplorable et coûté cher sur le plan politique.     
    "Il n'y aura pas d'alternance si la campagne des primaires 
devait continuer sur la base d'un pugilat", a-t-il prévenu 
devant plus d'un millier de sympathisants, parmi lesquels de 
jeunes militants acquis à sa cause.  
    "Quel sera notre état dans deux mois et demi (...) s'il ne 
reste qu'un champ de bataille, avec des ruines?", a ajouté 
Nicolas Sarkozy, qui dit n'avoir ni "adversaire" ni "ennemi", 
mais seulement des "concurrents". 
    L'ex-chef de l'Etat a cependant rejeté l'idée d'un "code de 
bonne conduite", proposé samedi par Alain Juppé, indéboulonnable 
favori des sondages en vue du scrutin de novembre.   
    "Quand il faut un code, c'est déjà qu'on est dans le 
problème", a justifié Nicolas Sarkozy, préférant parler d'une 
double exigence, de loyauté due au futur vainqueur et de bonne 
tenue des prétendants pendant la campagne. 
    Son entrée dans la danse, le 22 août, avait marqué le début 
d'un durcissement de la campagne.   
     
    LE SYMBOLE MACRON 
    En moins de deux semaines, François Fillon a décoché une 
formule assassine contre l'ex-président ("Qui imagine le général 
de Gaulle mis en examen?"), ce dernier a moqué les "oreilles 
sensibles" d'Alain Juppé sur l'immigration et le maire de 
Bordeaux a dénoncé la flatterie des "bas instincts". 
    Ces échanges acerbes ont incité le "filloniste" Bruno 
Retailleau, président de la région Pays-de-la-Loire et hôte du 
rendez-vous de la Baule, à jouer les intermédiaires par 
téléphone, notamment avec l'équipe de Nicolas Sarkozy, pour 
éviter un vaste règlement de comptes sur ses terres. 
    Même s'ils ont assumé leurs divergences dans certains 
domaines, gages selon eux d'un "débat d'idées" nécessaire pour 
les départager, les grands candidats s'en sont tenus à la même 
ligne. 
    "Nous sommes concurrents mais le seul adversaire que nous 
avons, c'est François Hollande et le socialisme", a jugé samedi 
Bruno Le Maire, troisième homme dans les sondages, à son arrivée 
sur le campus. 
    Comme lui, les prétendants invités à la tribune ont réservé 
leurs coups les plus virulents à l'actuel chef de l'Etat et à 
son ex-ministre Emmanuel Macron, dont la démission symbolise à 
leurs yeux le désordre au sein de la gauche.    
    Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a lui aussi 
donné un signe d'apaisement en affirmant qu'il souhaitait voir 
Nathalie Kosciusko-Morizet réunir les parrainages requis pour 
participer à la primaire.   
    "Je n'ai pas les mêmes idées qu'elle mais (...) elle incarne 
une sensibilité dans notre famille politique", a déclaré ce 
tenant d'une ligne droitière, qui a entretenu de fraîches 
relations avec l'ex-ministre de l'Ecologie lorsque tous deux 
siégeaient à la direction de leur parti. 
    Sur l'estrade, Laurent Wauquiez et Nathalie 
Kosciusko-Morizet se sont assis côte à côte. 
     
    "D'AUTRES PETITES PHRASES" 
    Mais le week-end à la Baule n'a pas soldé toutes les 
rivalités entre Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou François Fillon, 
qui ne sont pas affichés ensemble comme ils l'avaient fait 
furtivement voilà un an, au même endroit. 
    Entouré de proches - Brice Hortefeux, Luc Chatel, Gérald 
Darmanin ou Eric Ciotti -, Nicolas Sarkozy est arrivé le 
dimanche, après le départ de ses concurrents les plus sérieux, 
venus prendre la parole à tour de rôle le samedi. 
    Eux aussi candidats, Henri Guaino, Geoffroy Didier et 
Jean-François Copé n'ont pas fait le déplacement en 
Loire-Atlantique. 
    Des allusions railleuses ont par ailleurs affleuré dans les 
discours de certains candidats et de leurs soutiens. 
    "Qui imagine le général De Gaulle se livrer au jeu des 
petites phrases ?", s'est interrogé Luc Chatel, répondant ainsi 
à la formule prononcée une semaine plus tôt par François Fillon 
dans son fief de Sablé-sur-Sarthe.   
    Le même François Fillon a une nouvelle fois évoqué à la 
Baule les "affaires judiciaires" qui ont discrédité les 
institutions, sans citer le nom de Nicolas Sarkozy, mis en 
examen dans deux dossiers.      
    "La mécanique des primaires génèrera forcément d'autres 
petites phrases", selon Bruno Retailleau. "Le moins possible, 
j'espère." 
    Jamais la droite n'avait organisé une telle élection interne 
avant une présidentielle. 
 
 (Edité par Marine Pennetier) 
 
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