France-La droite ravale Hollande au rang de chef de parti

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    * Alain Juppé accuse le président de déformer ses propos 
    * Un discours "choquant" pour le sarkozyste Eric Ciotti 
    * Un "ton professoral", selon François Fillon 
 
 (Actualisé avec François Fillon et Nicolas Sarkozy) 
    PARIS, 8 septembre (Reuters) - La droite a surtout retenu 
jeudi du discours de François Hollande sur "la France contre le 
terrorisme" sa charge contre les dirigeants du parti Les 
Républicains (LR) et le Front national (FN), et dénoncé un 
discours de "chef de parti". 
    Au fil de cette intervention très attendue, le président de 
la République s'est posé en garant de l'Etat de droit et de la 
sécurité des Français mais aussi de leur modèle social, pour les 
années à venir.   
    Il a ainsi adressé le signal attendu par ses partisans sur 
ses intentions pour l'élection présidentielle de 2017.  
    Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, candidat à la primaire de 
la droite et à ce jour favori des sondages d'opinion, a accusé 
le chef de l'Etat d'avoir "totalement déformé" ses déclarations. 
    "J'ai même dit que pour moi le respect de l'Etat de droit 
était une ligne rouge extrêmement importante", a dit l'ancien 
Premier ministre lors d'un déplacement en banlieue parisienne. 
"Donc là-dessus je me sens très à l'aise face à cette charge qui 
est un rideau de fumée." 
    Nicolas Sarkozy, également candidat à la primaire de la 
droite, auquel François Hollande a fait allusion sans jamais le 
nommer, lui a répondu dans la soirée lors d'un meeting à Vendôme 
(Loir-et-Cher), en affirmant que la France était "en guerre".  
    "François Hollande avait souhaité changer l'Etat de droit en 
proposant une révision constitutionnelle sur la déchéance de 
nationalité (après les attentats du 13 novembre, NDLR)", a 
déclaré l'ex-président, lui-même candidat à la primaire.  
    "Il a échoué, une fois de plus. Je le regrette. Je 
reprendrai le principe de la déchéance de nationalité parce que, 
quand on attaque la France et qu'on tue des Français, on ne 
mérite pas d'avoir la nationalité française", a-t-il poursuivi 
en évoquant l'hypothèse de son élection en 2017. 
    Des proches de l'ancien chef de l'Etat ont également été 
très sévères vis-à-vis de François Hollande. 
    "Au lieu de se déchaîner contre Nicolas Sarkozy, il ferait 
mieux de gouverner", a ainsi déclaré à BFM TV Guillaume Larrivé, 
porte-parole de LR. "François Hollande n'est pas le commandant 
en chef dont la France a besoin." 
    "François Hollande a raté ce rendez-vous avec les Français. 
Ce discours de meeting socialiste n'est qu'un petit discours de 
petit partisan", a-t-il ajouté.  
     
    "TON PROFESSORAL" 
    "Les Français espéraient un chef de guerre contre le 
terrorisme (...) Ils ont trouvé un médiocre chef de parti", a 
renchéri le député LR Eric Ciotti sur iTELE. 
    Cet autre porte-parole du principal parti de droite en 
France a jugé "choquant" que François Hollande "tente de se 
relancer politiquement" par un discours sur le terrorisme.  
    Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a justifié 
les propositions de la droite sur la sécurité, estimant que 
"l'Etat de droit ce sont des règles que nous choisissons 
d'appliquer". 
    "François Hollande a choisi d'en faire une excuse pour son 
immobilisme", a-t-il déclaré dans un communiqué. " 
    "Oui, nous avons le droit d'adapter notre droit. Nous en 
avons même le devoir. Nous devons pouvoir interdire les symboles 
islamistes. Nous devons pouvoir interner préventivement les 
djihadistes radicalisés. Nous devons pouvoir expulser les 
salafistes les plus dangereux. Nous devons pouvoir contrôler nos 
frontières. L'Etat de droit doit être le bouclier des citoyens 
honnêtes, pas celui des terroristes", a-t-il ajouté. 
    Autre candidat à l'investiture de la droite pour la 
présidentielle, François Fillon a raillé dans un communiqué le 
"ton professoral" de François Hollande. 
    "Ses attaques contre la droite sont pitoyables car cela 
n'est pas l'opposition qui menace notre Etat de droit mais le 
totalitarisme islamique", a jugé l'ancien Premier ministre de 
Nicolas Sarkozy. 
    A l'extrême-droite, le vice-président du FN, Florian 
Philippot, a déclaré à BFM TV avoir entendu un discours de 
candidat et reproché au chef de l'Etat d'avoir "instrumentalisé 
le terrorisme et la démocratie". 
    "C'était un petit discours de politique politicienne (...) 
Il n'a rien proposé de concret contre le terrorisme islamiste 
(et) pour assurer la sécurité des Français", a-t-il dit. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Service France, édité par Simon Carraud) 
 
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  • M7166371 il y a 3 mois

    chef de parti , belle promo ! on dirait plutôt un chef de section locale.