France-La droite promet d'être coopérative mais refuse l'hégémonisme

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    VERSAILLES, Yvelines, 3 juillet (Reuters) - Les Républicains 
ont mis en garde lundi Emmanuel Macron contre une "tentation 
hégémonique" qui musellerait le Parlement tout en s'engageant à 
lui apporter leur soutien s'il emprunte le "chemin difficile du 
redressement français". 
    "Il faudra beaucoup plus que des demi-réformes. Peut-être 
une réforme institutionnelle, mais il faudra d'abord le courage, 
et le courage ne réside dans aucune institution", a déclaré le 
président du groupe LR au Sénat, le "filloniste" Bruno 
Retailleau, à la suite du discours du chef de l'Etat devant le 
Parlement réuni en Congrès à Versailles. 
    Emmanuel Macron a annoncé des réformes institutionnelles, 
notamment la réduction du nombre de parlementaires français. 
  
    "Ne nous demandez pas d'abdiquer notre liberté, d'abdiquer 
nos convictions. Refusez cette tentation hégémonique qui ne 
serait pas bonne, ni pour votre gouvernement ni d'ailleurs votre 
majorité", a souligné Bruno Retailleau, alors que la République 
en marche contrôle désormais l'Assemblée nationale et ne cache 
pas ses visées sur le Sénat. 
    En présence du Premier ministre (LR) Edouard Philippe, le 
chef de file des sénateurs LR a voulu faire écho au "silence de 
celles et de ceux qui n'ont pas voté, (...) parce que bien 
souvent, les grandes douleurs sont muettes." 
    "La douleur du déclassement économique, le chômage de masse, 
l'ascenseur social bloqué, la douleur de la dépossession 
culturelle enfouie sous tant de non-dits", a-t-il égréné, avant 
d'appeler l'exécutif à renouer le dialogue "avec une France 
silencieuse qui attend qu'on lui parle, qui attend surtout qu'on 
agisse." 
    "Soyez sûr que si vous choisissez ce chemin escarpé, ce 
chemin difficile du redressement français, nous serons 
disponibles pour appuyer vos propositions, pour les améliorer, 
mais nous serons aussi une opposition vigilante", a-t-il dit à 
l'adresse du chef du gouvernement. 
    S'exprimant au nom des députés LR, Virginie Duby-Muller 
s'est montrée plus incisive, dénonçant à la tribune les 
"agissements", avec la caution de LREM, des frondeurs 
"constructifs" du parti, qui ont pris le contrôle de la questure 
au mépris des usages. 
    "Aucun calcul politicien ne doit vous conduire à transiger 
avec les droits fondamentaux de l'opposition, qu'elle émane de 
votre gauche, ou de votre droite", a-t-elle lancé. 
    "Ceux qui profitent du 'rouleau compresseur' pour écraser 
les différences rabaissent la pratique parlementaire", a-t-elle 
estimé. "Les sirènes du renouveau ont ainsi leurs limites". 
    "Aucun élu ne saurait se contenter d'être réduit à un 
automate dans une chambre d'enregistrement. Nous avons des 
propositions fortes, et nous demandons à être entendus", a dit 
l'élue. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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