France-La droite espère un climat tempéré au campus de La Baule

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    * Les candidats de la primaire se retrouvent ce week-end 
    * Appels au calme après les invectives 
    * François Fillon n'entend pas se taire 
 
    PARIS, 2 septembre (Reuters) - La plupart des candidats à la 
primaire testeront leur popularité à l'occasion de l'université 
d'été des Républicains de Loire-Atlantique, un rendez-vous sous 
tension où les rivaux sont invités à enterrer la hache de guerre 
le temps d'un week-end. 
    Il y a un an, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François 
Fillon s'étaient prêtés à une photo de famille, campagne des 
régionales oblige, alors que les ambitions présidentielles 
commençaient déjà à fissurer le parti. 
    Cette année, la tonalité sera tout autre à La Baule après la 
salve d'attaques qui a marqué la rentrée politique à droite. 
    Le "filloniste" Bruno Retailleau, président LR des Pays de 
la Loire, a tenu à préparer les esprits et à poser des 
garde-fous pour éviter le pugilat du week-end dernier, où 
François Fillon a décoché une formule assassine contre Nicolas 
Sarkozy ("Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?"), 
Nicolas Sarkozy moqué les "oreilles sensibles" d'Alain Juppé sur 
l'immigration et ce dernier mis en garde contre la flatterie des 
"bas instincts" et "un excès de surenchères". 
    "Nous souhaitons que ce soit l'université des idées, des 
programmes, et pas celle des petites phrases. On a passé le 
message", a déclaré sur France Bleu François Pinte, président de 
la fédération LR de Loire-Atlantique. 
    A l'approche de la clôture officielle des candidatures, le 9 
septembre, neuf des 13 candidats déclarés sont annoncés : 
François Fillon, qui sera le premier à s'exprimer samedi, Alain 
Juppé, Nadine Morano, Hervé Mariton, Jacques Myard, Frédéric 
Lefebvre et Bruno Le Maire. Dimanche, ce seront Nathalie 
Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy. 
     
    FILLON NE DÉSARME PAS 
    Jean-François Copé, qui ne cesse de dénoncer "la bande des 
quatre" (Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire), en tête des 
intentions de vote, a préféré renoncer et se rendra dimanche au 
banquet des Républicains du Lot-et-Garonne, où Alain Juppé est 
également attendu. 
    "Je ne crains pas le jeu de massacre, je crois qu'il n'aura 
pas lieu. (...) Je suis certain que chacun laissera chaque 
orateur dire ce qu'il a envie de dire", a déclaré vendredi 
Jérôme Chartier, porte-parole de François Fillon, sur iTELE. 
    L'ancien Premier ministre et Alain Juppé ont essuyé sifflets 
et quolibets par le passé face à des militants acquis à Nicolas 
Sarkozy. 
    Pas question de se museler pour François Fillon, qui joue 
son va-tout pour décoller dans les sondages et a reçu cette 
semaine le soutien de Sens commun, émanation politique de "La 
Manif pour tous". Il "continuera de livrer sa vérité", 
précise-t-on dans son entourage. 
    Vendredi, sur France Info, le député de Paris a dénoncé la 
"manière clanique" de Nicolas Sarkozy, "président de la 
République de faits divers", de "faire de la politique". 
    Dans l'entourage de l'ancien président, on prend soin 
d'afficher sérénité et recul. "Nicolas Sarkozy aura un discours 
de rassemblement, il veut que la primaire soit certes un moment 
de vérité et de sincérité, mais aussi un moment d'unité". "Il 
sait parfaitement que tout le monde sera appelé à travailler 
ensemble au lendemain de la primaire, quel qu'en soit le 
résultat." 
    "L'agonie de la gauche n'en finit pas et on prendrait le 
risque mortifère de la division?", commente un proche de 
l'ex-président de LR. 
   Dans le camp d'Alain Juppé, on se veut philosophe : "On garde 
une position de leadership qui est bien sûr fragile mais 
enviable", souligne son directeur de campagne, Gilles Boyer. 
    "Les attaques ad hominem, on s'en garde", ajoute un élu 
"juppéiste". 
    "Attention à ce que la campagne de la primaire ne tourne pas 
à la foire d'empoigne. Chacun doit se donner un code de bonne 
conduite", déclare Bruno Le Maire dans Le Parisien. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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